LA SATIRE DU MOIS. Les bonnes leçons d’une (vraie) démocratie

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Nous avons pouffé de rire quand, chez le voisin sahélien, où on glisse son bulletin dans l’urne depuis le 19è siècle, les résultats provisoires, proclamés par la Commission nationale de recensement des votes, ont consacré ce qui pourrait être interprété comme une « anomalie » sous nos tropiques.
A l’analyse, trois « petits » députés élus sur des listes « non alignées » (pour emprunter une vieille expression du temps de la guerre froide), sont bien partis pour être plus influents que leurs cent soixante-deux futurs collègues, meublant les listes partisanes des deux coalitions qui se crêpent le chignon à « Ndoumbélane », comme l’appelait en son temps le très caustique satirique « Le Politicien ».
Si ces trois-là font front commun pour voter dans le sens voulu par le « peuple », il y aura certainement quelqu’un qui va réunir ses affaires personnelles installées au Palais pour aménager sagement, d’ici quelques mois, dans son domicile… privé.
Seule la démocratie est belle, surtout quand elle est encadrée par un système crédible, éprouvé et reconnu par les électeurs.
Seule la démocratie peut offrir un tel spectacle permettant à un peuple d’affirmer avec autant de force la puissance d’une carte d’électeur, loin des interminables parades en treillis et, suprême nouveauté de nos jours, des… cagoules et des lunettes noires.
Il paraît que l’occupant du Palais de Roume (du nom d’un gouverneur général français, Ernest Roume, qui y avait ses quartiers), avait dans ses plans un « troisième mandat » que maudit aujourd’hui un octogénaire, déclaré « malade » très spécial, en convalescence du côté de la Mer noire.
L’Africain a un défaut qu’il confond à la bravoure : installé dans un certain « confort », il perd facilement le sens des réalités, aidé par des partisans, des courtisans et des chambrelans.
L’évolution des choses dans nos bleds tenus par un « Seul Maître à bord » après Dieu, se croyant même investi de droits infinis, laisse penser que les virus de l’orgueil et de la vanité ont du mal à trouver des remèdes efficaces, qu’ils soient classiques ou ARM messager…
Le mal qui ronge nos peuples est tel qu’il est souvent difficile d’utiliser ses méninges dans une atmosphère d’amnésie collective qui n’en a cure. L’inculture et l’amateurisme portés au pinacle ! Au diable les « intellectuels » ! On s’en « gnagne », comme le balanceraient nos amis ivoiriens…
Au diable, ceux-là, bien pensants, qui s’étranglent de voir qu’une trompette, une guitare ou une voix bruyante, une affiche géante au slogan douteux ou encore un article de presse dithyrambique, sans queue ni tête, est plus « apprécié » par les « répondeurs automatiques » des réseaux sociaux, où l’artisan défie l’ingénieur, le boutiquier nargue l’économiste, et le scribouillard médiocre, pour se donner de la consistance, cherche à tenir tête à l’écrivain de renommée mondiale !
Avec de telles « ambitions » et une vision obscurcie à ce point, on n’a pas besoin d’une boule de cristal pour deviner la suite de nos querelles internes, quand le mur se dressera devant celui qui s’est autoproclamé « vrai maçon ».
Mais il y a des signes qui ne trompent pas quand on a les yeux plus gros que le ventre, lorsque l’usage abusif du mot « patriotisme » cherche à étouffer un manque hallucinant de préparation à l’exercice du pouvoir. Toutes les fins, pour ainsi dire, ne doivent, en aucun cas, justifier tous les moyens…
Khouroudi Khoné

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