7 ans après la mort d’Elhadj Abdourahmane Bah, khalife du Foutah Djallon, son fils se souvient…

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22 septembre 2013 – 22 septembre 2020, il y a 7 ans jour pour jour depuis que l’ancien khalife du Foutah Djallon Elhadj Thierno Abbourahmane Bah a tiré sa révérence. Né en 1916 à Döghöl Thiernoya, dans le quartier Döghöl, commune urbaine de Labé, ce fils de Thierno Aliou Bhoubha Diyan a marqué son temps en occupant plusieurs postes de responsabilité : comme commandant d’arrondissement de plusieurs localités, vice-maire de la commune urbaine de Labé et ministre des affaires islamiques. Il a également à son actif plusieurs ouvrages, avant de revenir pour diriger la prière à la grande mosquée de Labé. El. Thierno Mamadou Badrou Bah, l’un de ses héritiers se souvient de l’homme.

« Thierno Abdourahmane Bah a été le maître coranique de tout le monde, que Dieu ait pitié de lui. A son temps, il a été au service de tout le monde, vous n’êtes pas sans savoir ce qu’il aimait de plus, c’était d’enseigner le Coran. C’est pourquoi aujourd’hui nous avons une centaine de foyers coraniques de Thierno Aliou Bhoubha Diyan, c’est lui qui les a implantés. El.hadj Abdourahmane Bah a mémorisé le coran en 9 mois, et cela après son passage à Daara-Labé chez son maitre coranique. Il a été commandant d’arrondissement, guide pèlerin. Il a été ministre des affaires islamiques pendant le régime du feu président  Lansana Conté, qui est devenu aujourd’hui Secrétariat général des affaires religieuses. Il a occupé ce poste pendant trois ans avant de démissionner pour revenir diriger la prière comme 1er imam à la grande mosquée de Labé. Il a écrit également plusieurs ouvrages. Il a été vice-président d’une organisation internationale islamique communément appelé FIGHOU », rappelle l’actuel premier imam de Labé, El Hadj Badrou Bah.

Poursuivant, Elhadj Thierno Mamadou Badrou Bah rappelle que son défunt père, fut également un homme qui a œuvré durant sa vie pour la paix et l’unité nationale, et a toujours lutté contre l’ethnocentrisme.

« On se souvient de l’élection de 2010, lorsqu’il y a eu des affrontements en Haute Guinée et dans plusieurs autres localité sdu pays, lorsque des rumeurs ont commencé à faire croire que des ethnies sont en train d’être attaquées au Foutah, il avait fait une lettre en déléguant les fils du Foutah, les ressortissants de la Haute, Basse et Guinée forestière, pour faire des tournées dans les autres régions, histoire de demander aux sages de ces localités de considérer les fils du Foutah comme les leurs, tout en précisant que leurs fils sont en sécurité au Foutah. C’est une lettre qui a beaucoup servi, elle a été même diffusée à la télévision nationale. Avant ça, au moment de Dadis Camara, plusieurs maisons ont été cochées à Labé, là aussi il est intervenu et il a été écouté, sa doléance a été acceptée par Dadis Camara, aucune maison n’a été détruite. Il a toujours rappelé, que nos parents nous ont légué un pays uni, donc nous aussi, nous devrons faire tout pour ne pas laisser l’ethnocentrisme, la division, le régionalisme comme héritage à nos enfants », témoigne l’imam Elhadj Badrou.   

A noter qu’à l’occasion des 7 ans de sa disparition, une cérémonie de sacrifice et de lecture du saint coran a été organisé, hier mardi par la famille. Laquelle cérémonie a réuni plusieurs personnes chez le premier imam de la cité de Karamökö Alpha mö Labé.   

Tidiane Diallo, correspondant régional à Labé

620 44 25 83

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