Labé : libération manu militari des emprises, sous l’œil vigilant du préfet

Dans la matinée de ce mardi 24 mai 2022, les autorités militaires du camp Elhadj Oumar Tall, conformément au communiqué du CNRD instruisant la continuité de la libération des emprises, ont fait des descentes musclées dans plusieurs quartiers de la ville de Labé sous la vigilance du préfet, le colonel Etienne Tounkara. Dans le quartier Kouroula 1 particulièrement où nous avons suivi  l’équipe des militaires déployés sur le terrain, la zone ressemble à une zone désertée après des affrontements. Si par endroits des conteneurs, tôles, des bois sont éparpillés çà et là  de l’autre côté, les pariétaires de ces lieux de négoce sous la pression sont sommés de démolir leur lieu de vente. Une décision qui n’est pas du goût de ce citoyen mais qui n’a que ses yeux pour pleurer.

« Moi, là où je suis, je n’empêche pas la circulation des citoyens et leurs biens. Je ne suis ni très proche de la route, je suis  dans le quartier, pas au marché.  J’ai 6 enfants et deux femmes et c’est ici que je me débrouille. Dès aujourd’hui, je suis au chômage. Comment je vais nourrir ma famille ? Je demande aux autorités de juger nécessaire de trouver une bonne politique de déguerpissement, puisque des gens comme moi sont juste victimes de la force de l’Etat. Aujourd’hui, beaucoup sont déguerpis alors qu’ils n’empêchent en rien la circulation. Ils doivent savoir que le pouvoir est éphémère, quand tu es au pouvoir, il faut faire de bonnes actions, car l’histoire le retiendra », affirme Algassimou Sow.

Même sentiment de désolation chez cet autre vendeur des produits d’alimentation générale.

« Ces opérations sont créatrices de chômeurs dans le pays. Pourtant le rôle de l’Etat, c’est de trouver de l’emploi pour ses citoyens à défaut s’ils s’auto-emploient, de les laisser travailler. Mais ce que font ces autorités, ces militaires, c’est augmenter la délinquance, puisque si tu n’as pas de travail, ni pas de quoi manger, forcément tu vas te livrer à des activités malsaines. Je ne le souhaite pas, mais  regardez de vous-même. Depuis plus de 10 ans, je suis là, maintenant où je vais aller », se demande Thierno Oury Barry. Interrogé sur ces opérations, le préfet n’a pas voulu s’exprimer à notre micro.  » Je ne suis président d’aucune commission, je vais parler mais ce n’est pas maintenant », affirme le colonel Etienne Tounkara.

Tidiane Diallo, correspondant régional à Labé

+224 620 44 25 83

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