L’an 1 du CNRD: les acquis du colonel Mamadi Doumbouya (Paul Moussa Diawara)

« Dans la vie des nations et des peuples, il y a des instants qui semblent déterminer une part décisive de leur destin et qui, en tous cas, s’inscrivent en lettres capitales dans les annales de l’histoire », disait Ahmed Sekou Touré.

Le dimanche 05 septembre 2021, à la tête d’une longue et interminable colonne du Groupement des forces spéciales, partie de Forécariah très tôt le matin, le colonel Mamadi Doumbouya fonce sur la capitale Conakry encore endormie où, en quelques heures, après d’âpres et épiques combats, il renverse le régime et s’empare du pouvoir.

A la célébration de l’an 1 de la prise du pouvoir par le CNRD, à Conakry, il n’y a aucun signe perceptible des préparatifs de cette journée désormais historique, l’homme fort du pays préférant un lundi non férié, évitant des festivités onéreuses, des gaspillages qui crèvent les finances que le colonel Mamadi Doumbouya souhaite mettre au service du développement et non des dépenses de réjouissances comme au vieux bon temps.

C’est pourquoi en lieu et place de la bamboula, de la bombance, des chants, des danses et autres ambiances festives, il a initié l’organisation des journées de prière et de bénédiction pour le pays.

Et ce n’est pas fortuit, si attaché quil est à la rationalité des dépenses, le colonel Mamadi Doumbouya a réussi grâce à cette austérité à parachever des travaux, à initier et terminer d’autres.

En effet, en l’espace d’un an, pour ce qui dure une éternité sous les tropiques, le colonel Doumbouya a touché à tous les secteurs entre autres la défense et la sécurité (augmentation progressive de 100% de salaire, dotation en tenue de l’armée et de la police, recrutement au sein des forces armées guinéennes…), l’éducation (revalorisation des primes d’enseignants, uniformisation des frais d’inscription scolaire, les bourses des années antérieures remises aux ayant-droits, les bourses désormais destinées aux plus méritants, augmentation conséquente des bourses d’études, des bourses d’entretien…), la santé (paiement de la côte part guinéenne pour le parachèvement de l’hôpital national Donka et la réouverture au public, lutte féroce contre les faux médicaments, les cliniques clandestines…), l’électricité (paiement des montants d’argent et lancement des interconnexions des régions de N’zerekoré, Boké), la justice (création de la CRIEF et lutte contre la corruption, les détournements de deniers publics…), les travaux publics et les transports (relance après paiement de la contrepartie guinéenne des travaux de construction des routes nationales, des voiries urbaines, des routes prefectorales, modernisation du port autonome de Conakry avec la construction de la contournante pour les poids lourds, l’acquisition de deux grues de 150 tonnes l’unité par Albayrack, mise à disposition d’un bateau moderne de liaison entre Conakry et l’île de Kassa…), le commerce (moins d’importation de riz, relations commerciales renforcées avec le Mali…); la fonction publique (assainissement du fichier du personnel, informatisation ou digitalisation des effectifs, recrutement de jeunes diplômés sans emploi…), les sports (volonté politique affichée d’organiser la CAN 2025 en Guinée, après plusieurs occasions ratées), les mines (fixation du prix de référence applicable à la bauxite guinéenne, signature d’un accord de plus de 15 milliards de dollars avec WINNING CONSORTIUM et RIO TINTO SIMFER pour l’exploitation du gisement de fer de Simandou…), l’environnement (mise en œuvre de la politique nationale de reboisement), les finances (un franc guinéen résilient face aux devises étrangères, la baisse de la dette en dessous de 7 milliards de dollars, l’accroissement des recettes douanières lié aux relations bilatérales avec Bamako…), la liberté de la presse (aucun journaliste emprisonné, aucune radio fermée, aucun média menacé, maintien des émissions interactives, maison de la presse offerte par le colonel Mamadi Doumbouya…), la liberté politique (réouverture des sièges des partis politiques fermés avant le 05 septembre, reprise des réunions hebdomadaires, création du cadre de concertation inclusif…), l’urbanisme et l’habitat (récupération des domaines bâtis et non bâtis de l’État, construction en cours d’une nouvelle cité à Donka…)…

Que dire de la réouverture des frontières avec les pays voisins (Sénégal, Guinée-Bissau), le retour au pays des exilés, la libération des détenus politiques, l’immersion gouvernementale, la mise en place du comité national des assises…!

« Partout où, il y a la volonté, il y a la voie du salut. Il y a le progrès », écrivait l’ancien Premier ministre du Togo, Edem Kodjo dans son ouvrage « Et demain l’Afrique ».

En si peu de temps, le travail abattu par le colonel Mamadi Doumbouya est salutaire, immense, colossal, monumental, pharaonique… Il n’y a pas l’ombre d’un seul doute.

A cette allure, l’espoir renaît, l’optimisme est permis, l’avenir rassurant, une Guinée nouvelle possible sous le soleil de la liberté, de la prospérité partagée, de la dignité recouvrée, de l’indépendance assumée…

Aujourd’hui, il convient de rappeler que le passif du passé étant lourd, entre autres défis à relever figurent l’amélioration du panier de la ménagère, veiller, surveiller le principe régulateur du marché axé sur l’offre et la demande en luttant contre les spéculations ou la fixation fantaisiste des prix des denrées de première nécessité.

Sur le plan politique, on a assisté dès le lendemain du coup d’état à la consultation des forces vives de la nation initiée par le colonel-Président Mamadi Doumbouya au chapiteau du palais du peuple de Conakry, une démarche qui a permis de recueillir les avis des uns et des autres sur le déroulement de la transition, ayant conduit au cadre de concertation inclusif, espace dédié au dialogue entre les partis politiques et le gouvernement, mesure appréciée par la CEDEAO dont le médiateur Boni Yayi recommande la participation à Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et leurs sbires.

En réalité, il n’a été empêché à aucun parti, ni à aucune coalition politique de prendre part au dialogue proposé par le colonel-Président Mamadi Doumbouya pour le retour à l’ordre constitutionnel. Encore une fois, le refus délibéré de Cellou Dalein Diallo et de ses partenaires politiques est lié à leurs conditions irréalistes et irréalisables relatives aux questions judiciaires touchant le leader de l’UFDG et de l’ANAD, elhadj Mamadou Sylla de la CORED… C’est tout le problème. Pas plus, pas moins. Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG ne dira pas le contraire et l’a clairement exprimé en parlant des 7 commandements entre autres l’abandon des poursuites contre les leaders politiques, la libération de tous les acteurs politiques détenus par la justice au nom du principe de la réédition des comptes…

Ceci dit, on en voudra pas au CNRD qui ne manque pas de volonté, auquel, sauf mauvaise foi, les patriotes guinéens et la CEDEAO demandent la poursuite du dialogue au sein du cadre de concertation mis en place, la refondation de l’État… On gagnerait en temps, éviterait les polémiques inutiles et avancerait le pays.

En guise de rappel, en 2003, les ténors politiques pensant isoler Lansana Conté, discréditer le scrutin, ont tous boudé la présidentielle, le challenger du candidat du PUP étant un certain Mamadou Boye Barry. Pour autant, le ciel n’est pas tombé sur la Guinée. C’est une façon de dire que la politique de la chaise vide n’a jamais payé. « La nature a horreur du vide », dit-on.

En tout état de cause, la transition comme la vie des partis politiques ressemble à un train en marche où, les passagers montent et descendent au fur et à mesure vers la destination finale.

Enfin, comme le chante bien le groupe Les Banlieuez’Art dans son célèbre single « Doucement », Intérêt gere nara.

A bon entendeur. Salut !

Paul Moussa Diawara, membre fondateur du CRAS

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