langues nationales ignorées dans la charte de la transition : le plaidoyer de l’activiste Nafadji Sory Condé

Print Friendly, PDF & Email

Le CNRD, à travers la RTG, principal média d’Etat, a dévoilé la charte de la Transition le 27 septembre 2021. Après s’être imprégné du contenu de la dite charte, l’activiste des langues nationales, Nafadji Sory Condé, membre de l’académie centrale N’ko et Directeur de Programmes N’ko à l’université Kofi Annan de Guinée, tire la sonnette d’alarme et s’inquiète de l’absence des langues nationales dans ladite charte.
Ainsi d’après ce promoteur des langues nationales, la charte de la Transition, bien que comportant des avancées méritoires, a omis le rôle et statut de nos langues et cultures.
 » Bara baa labô, bèè nya yé i ta lé dô » selon un proverbe manding, dit-il.
« Si la scène est dégagée, chaque spectateur ne regarde que son acteur » tel est l’esprit de ce proverbe d’après son post sur sa page officielle:
Après avoir suivi la charte de la Transition qui reprend en réalité plusieurs phrases des constitutions successives de la Guinée de 1990, 2001, 2010 jusqu’à celle controversée de 2020 , il était mentionné not:
« La langue officielle est le Français », qui est maintenu dans la charte de la Transition. Dans les constitutions précédentes, cet alinéa linguistique officielle était toujours suivi par un autre alinéa linguistique national :
« L’État assure la promotion des cultures et des langues du peuple de Guinée « . Malheureusement, cet alinéa sur les langues nationales est absent de la charte de la Transition et le constituant de la charte n’a pas jugé utile d’y faire mention dans un pays où le langage juridique en français est inaccessible à plus de 80% de la population.
En tant que promoteur de nos langues maternelles, cette relégation des langues nationales est considérée comme un recul et un mauvais signal pour le législateur de la constitution future qui risque d’ignorer carrément nos langues nationales », soutient-il.
Enfin, l’activiste plaide pour l’insertion des langues et cultures du pays lors de la prochaine révision de la charte d’une part, mais aussi il se dit favorable d’une redéfinition du statut et de la fonction des langues nationales dans la future constitution car, toute refondation de notre État doit tenir compte de la valorisation des cultures et des langues du peuple de Guinée, conclut-il.
Yaya Dramé

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.