Lansana Diawara descend Tierno Monénembo : « …plus personne ne le respectera puisqu’il est interdit de mentir »

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La rebaptisation de l’aéroport international de Conakry-Gbessia -qui devient Aéroport international Ahmed Sékou Touré- a fait violement réagir  samedi, Tierno Monénembo, l’écrivain guinéen le plus clivant. 

Réagissant à la sortie de l’auteur du célèbre roman Les Crapauds-brousse, l’influent membre de la société civile guinéenne Lansana Diawara, coordinateur national de la Maison des Associations et Ong de Guinée (MAOG) l’a descendu en flammes en le qualifiant de moralement malade.

Pour lui, Tierno Monénembo a tout simplement menti. Réaction…

Si intellectuellement il est respecté ici et ailleurs, moralement personne ne le respectera désormais, puisque après tout il est interdit de mentir


« Je respecte intellectuellement monsieur Tierno Monénembo mais moralement, honnêtement je pense qu’il a un sérieux problème. Il a un sérieux problème non seulement vis-à-vis de lui-même, mais il a un problème vis-à-vis de la République. Une nation, c’est aussi des histoires douloureuses et des histoires agréables. Quand il affirme que l’acte de rebaptisation est pius illégal que le troisième mandat de Monsieur Alpha Condé, à mon avis c’est au-delà de l’immoralité, c’est de l’ingratitude. L’ingratitude face à une situation qui avait à l’époque étouffé non seulement les acteurs sociopolitiques du pays mais qui aussi avait ébranlé les valeurs de la République.

Quand Tierno Monénembo affirme que le président Mamadi Doumbouya n’a pas le droit, n’a pas le pouvoir de prendre un décret, et ce n’est pas le premier décret que le colonel Doumbouya a pris depuis qu’il est au pouvoir… À un moment donné, il faut arrêter. L’honneur est la chose la plus sacrée

Pour nous de la société civile, cela ne peut pas passer. C’est inadmissible et c’est inacceptable. Nous ne sommes pas des défenseurs ni du gouvernement, parce qu’il y a un Premier ministre et il y a un porte-parole), encore moins du CNRD, mais nous pensons que nous avons la légitimité en tant que société civile, forte de 20 ans d’expérience, d’activisme. Les propos de monsieur Tierno Monénembo démontrent parfaitement que si intellectuellement il est respecté ici et ailleurs, moralement personne ne le respectera désormais, puisqu’après tout il est interdit de mentir. Quand il affirme que ce dernier [colonel Mamadi Doumbouya] n’a pas le droit, n’a pas le pouvoir de prendre un décret, et ce n’est pas le premier décret que monsieur Doumbouya a pris depuis qu’il est au pouvoir…À un moment donné, il faut arrêter. L’honneur est la chose la plus sacrée. Il faudrait qu’en tant qu’intellectuel, qu’il fasse en sorte que son honneur ne soit pas souillé. Nous sommes tout à fait d’accord que les régimes des présidents Ahmed Sékou Touré, général Lansana Conté, Dadis Camara ou général Sékouba Konaté ne sont pas restés sans victimes. Tous les régimes à travers le monde entier ont fait des victimes, même dans les pays les plus démocratiques comme la France ou les États-Unis. L’histoire de la France, des États-Unis, de la Chine, de la Russie, de la Côte d’Ivoire, du Congo, du Burkina Faso, etc. et partout dans le monde entier doit nous enseigner. Maintenant, c’est cette capacité de faire face à notre histoire, de rendre justice aux victimes qui n’a rien à voir avec le symbole et les valeurs de la République, qui consiste à célébrer une grande personne pour son rang moral, rang intellectuel et rang historique comme c’est le cas du père fondateur de la Guinée Ahmed Sékou Touré ».

Propos recueillis par Maciré CAMARA

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