Lansana Diawara du Reciproc: “n’acceptez pas qu’on vous impose vos chefs de quartiers”

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Le point 2 de l’accord politique du 12 octobre dernier qui stipule que les chefs de quartiers et districts doivent être nommés par les partis politiques vainqueurs des élections communales continue de susciter des débats. La société civile est opposée à ce point qui viole selon elle la constitution et refuse aux citoyens de choisir les dirigeants de leurs quartiers et districts.

Ce dimanche, le Réseau Citoyen des Producteurs et Consommateurs (RECIPROC) en collaboration avec l’ONG vision sans frontières a organisé une rencontre de sensibilisation sur cet accords politique sous le thème: “ne politise pas mon quartier” à Gbessia port 1, dans la commune de Matoto.
D’entrée, le président du RECIPROC, Lansana Diawara a planté le décor: “il n’est pas dit que l’accord dans sa globalité est mauvais. Il y a des points contenus dans l’accord qui sont bons, salutaires mais le point 2 qui refuse aux citoyens d’être responsables dans les quartiers et districts, c’est là une violation de nos textes de lois”.
Pour expliquer son refus du point de l’accord, M. Diawara se réfère aux textes de lois en vigueur dans le pays. Pour lui, “le débat est simple. C’est la loi, la constitution qui dit que le président doit être un homme politique, les députés doivent être des hommes politiques. Les maires, ils peuvent être soit des citoyens sans appartenance politique, représentants de partis politiques ou des indépendants. Mais les quartiers, les districts sont réservés exclusivement aux citoyens. C’est la loi qui le dit”.

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Dans la même lancée, il demande aux citoyens de n'”acceptez pas qu’on vous impose vos chefs de quartiers”. Ajoutant que “les politiques pensent qu’ils peuvent prendre tout le pays en otage. Il faut que vous vous opposiez catégoriquement à cela”.
Dans son discours, le président du RECIPROC a admis que sa plateforme continuera à s’opposer à la nomination des chefs de quartiers. “J’ai dit à un ministre qui défend ce point 2 des accords et qui veut se faire passer pour le Mandela de la Guinée que nous ne sommes pas prêts à reculer. Mais on ne peut le faire seuls. Il faut que vous acceptez de vous organiser dans vos quartiers, faire des marches pacifiques, sans violences, faites des banderoles pour vous faire entendre, mettez en place un comité de veille”.
Pour prouver aux citoyens venus l’écouter les méfaits de la nomination des chefs de quartiers ou districts, Lansana Diawara a donné un exemple : ” imaginez-vous qu’on vous impose un chef de quartier issu du GPT par exemple. Et dans ce quartier, il gère des militants du Rpg, de l’Ufdg, du Bl, des Nfd. Il pose des actes sur lesquels les militants ne sont pas d’accord comme s’il a privilégié sa formation politique. Cela va créer des soulèvements dans les quartiers. Les gens vont prendre des machettes, s’affronter et comme ça la violation qui se trouve au niveau de sa mairie va se transposer au niveau de son quartier et nous allons pas nous en sortir. Raison pour laquelle ne politise pas mon quartier. Organisez-vous, mettez des comités de veille en place, faites vous entendre avant qu’il ne soit trop tard”.
Il a ensuite fait savoir l’intérêt que le citoyen dirige son quartier. “Il est trop beau de voir un jeune qui n’est pas d’une formation politique, une organisation gouvernementale ou non gouvernementale d’être chef de quartier. Il va développer des projets pour le développement de son quartier”, argumente-t-il.

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Opposant au point 2 de l’accord du 12 août, Moussa Iboun Conté, un des vice présidents du RECIPROC de renchérir: “en ce qui concerne les élections, le législateur guinéen a bien réglé le problème. Il dit qu’aux élections nationales (présidentielle et législatives), les listes indépendantes ne sont pas admises, un citoyen ne peut pas faire acte de candidature. Mais le législateur a pensé aussi aux citoyens, il a dit que les élections locales sont réservées pour les citoyens. Les partis politiques ne doivent pas prendre part aux élections locales”.
Plus loin, il a fustigé l’accord du 12 octobre et expliqué l’objectif de la rencontre: “les accords remettent en cause ce qui est considéré comme un acquis. Nous sommes venus vers vous dans ce quartier, dans cette commune vous demander à vous lever et revendiquer votre droit. N’acceptez pas qu’on politise votre quartier en vous imposant votre chef de quartier”.
Et pour M. Conté, la nomination des chefs de quartiers a toujours posé des problèmes. “Je fais le tour des 305 communes de la Guinée et partout où on a nommé le président du conseil de district, il y a des problèmes parce qu’il ne rend pas compte de l’argent qu’on lui a donné parce qu’il n’a pas été élu. Mais si vous désignez quelqu’un, il a peur de vous”.
Selon le président du RECIPROC, il organisera d’autres rencontres de sensibilisation sur l’accord politique du 12 octobre en son point 2 à Hamdallaye, ce lundi, Koloma et Cosa par la suite. Et l’intérieur du pays sera aussi touché après la ville de Conakry.
A la fin de la rencontre, les citoyens du quartier Gbessia port 1 ont créé un comité de veille pour que la plateforme du RECIPROC les aide à défendre leurs droits

Par Sadjo Bah
+224625016669

 

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