Lansanaya-Barrage: un policier accusé d’être monté dans la cabine d’un camion pour  mordre l’apprenti chauffeur

L’acte s’est passé dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 juillet à Lansanaya Barrage, non loin du rond-point. C’est un conducteur de gros porteur qui accuse un agent de la police et un homme de sécurité de l’usine Topaz d’être montés dans sa cabine, pour se battre avec son apprenti, lui mettre les melotes avant de voler ses objets, deux téléphones et de l’argent.

Sur les lieux, plusieurs chauffeurs accompagnés de leurs syndicats étaient arrêtés  au bord de la route à quelques mètres de la cour de l’usine et discutaient avec le chef de poste.

Interrogé, Ibrahima Sory Barry, chauffeur, est revenu sur ce qui s’est passé entre le policier et lui.

« Hier on est venu pour garer au bord de la route. Il y avait beaucoup d’embouteillage là-bas.  Je vois un petit passage au côté du magasin.  Je fais marche arrière pour garer, il dit que je ne gare pas là-bas.  Je me suis retourné,  il dit que là-bas aussi c’est pas bon. Un autre est venu me signaler. Entre-temps, le policier était en train de prier. Dès qu’ il a fini de prier, il est venu, il a commencé à m’insulter.  L’autre policier m’a dit d’avancer un peu. Et quand j’ai avancé, lui a fait sortir le couteau et a dit qu’il va percer mes pneus.  Je lui ai dit que ce n’est pas un problème de percer les pneus qui est là.  Il m’a encore insulté, je lui ai pas répondu. Il a insulté la maman de mon apprenti chauffeur, qui a payé pour lui. J’ai dit à mon petit de monter dans la cabine. Dès qu’il est monté, le policier, avec un gars de la sécurité de Topaz, est monté dans la cabine. Ils ont dit qu’ils vont meloter le petit. Moi je n’ai pas forcé la situation. J’étais en train de chercher le téléphone pour filmer le policier.  Ils m’ont dit que si je filme, ils vont bloquer le téléphone. Le petit a eu peur de me donner le téléphone. Je suis parti derrière, j’ai pris le téléphone pour venir filmer. Ils ont pris son téléphone, avec de l’argent, 130.000fg. Ils ont dit qu’ils vont appeler le pick-up pour l’emmener. J’ai dit qu’il n’y a pas de problème, s’ils appellent le pick-up…Moi aussi je vais appeler le syndicat. C’est ainsi que j’ai appelé les syndicats….C’est quand il m’a insulté, je lui ai pas répondu, il a insulté le petit,  lui aussi lui a répondu. On a perdu deux téléphones, il y a un autre qui est avec le policier, avec les 130.000fg. », a-t-il expliqué.

Le chargé au conflit au bureau national des transporteurs routiers déplore cet acte et entend même porter plainte contre ces agents. « C’est hier à 20 heures qu’un chauffeur m’a appelé, ils m’ont dit qu’il y a un problème, qu’il y a un policier qui est monté dans leur cabine, mordre son apprenti, prendre ses téléphones et meloter en même temps le chauffeur dans la cabine.  J’ai dit non, ça c’est impossible. Restez dans la voiture avec  les mélotes, quand je viens moi je sais quoi dire ou quoi faire. J’ai appelé mon président national et son vice-président, et le représentant des gros porteurs au niveau de la CNTG.  Je suis venu trouver effectivement que les policiers sont montés dans la cabine, ils l’ont frappé et lui ont mis les mélotes. Ils ont voulu me restituer un téléphone, j’ai dit non c’est notre preuve ça, gardez-le jusqu’à demain . Ils ont même branché la décharge électrique sur le chauffeur.  Pourtant, on leur donne ça s’il y a un criminel, pour qu’on puisse le neutraliser. L’Etat doit faire face à nos problèmes. Trop c’est trop. Et on va porter planète contre le policier qui a fait cela parce qu’il n’a pas le droit de monter dans la voiture et mordre le petit en même temps.  Je ne connais pas son nom mais il travaille avec Topaz qui est à Lansanaya,il est au niveau de leur magasin de stock.  Il y a d’autres responsables de l’usine qui ont été ici la nuit, ils ont voulu que je laisse le problème, je leur ai dit non nous faisons tout ça pour que tous les chauffeurs soient tranquilles.  Parce que à chaque fois ils le font . Eux qui doivent nous sécuriser, c’est eux-mêmes qui viennent nous arnaquer et on ne peut pas se laisser faire. Les objets volés se trouvent avec eux (policiers). « , a indiqué Mamadou Djouldé Mombeya Diallo, chargé de conflit au bureau national de  transport routier de Guinée.

Quant à Amadou Oury, premier vice-président  de l’Union nationale des transporteurs routiers de Guinée qui était aussi sur les lieux, il dit avoir été  appelé par un de ses hommes. Selon lui,les agents de la police sont des habitués des faits: « Si nos représentants nous informent de quelque chose, nous sommes obligés de venir. Chaque fois nous dénonçons  mais le gouvernement, je sais qu’ils sont en train de prendre des dispositions, peut-être que c’est pas arrivé au niveau de certaines personnes (policier). Surtout au niveau de la police de Coyah, les camions qui viennent, nous avons des problèmes avec la police. Quand ils sentent que c’est un camion étranger, ils vont aller s’arrêter brutalement devant le camion prendre le document, réclamer de l’argent. C’est une honte pour nous d’abord.  Puisque celui qui n’a pas commis une infraction, on ne doit pas l’arrêter ni prendre ses documents. Mais le camion est stationné, ceux qui sont venus pour sécuriser cette zone tombent sur le chauffeur, comme ce que vous voyez comme moi, ça va poser beaucoup de problèmes. C’est une inquiétude pour nous de savoir où nous allons avec la police routière. »,  a t-il évoqué.

Toutes nos tentatives pour faire parler les agents accusés ont été vaines. Ils sont  même rentrés dans le petit poste installé dernier l’usine avant de fermer la porte derrière eux. Au moment où nous quittions les lieux, les chauffeurs étaient encore là en nombre et réclamaient les objets qui ont été retirés à leurs amis.

Christine Finda Kamano 

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