Le CNOSCG appelle le chef de l’Etat à accorder la liberté conditionnelle à tous les détenus politiques

Print Friendly, PDF & Email

DECLARATION RELATIVE AU MAINTIEN EN DETENTION DE RESPONSABLES ET MILITANTS DE L’OPPOSITION

« Les arrestations et détentions de responsables et militants de l’opposition contrarient la volonté des autorités à aller vers l’apaisement et le dialogue ».

Nul besoin de rappeler que notre pays court encore des risques sérieux sur sa sécurité et sa stabilité. Des menaces et actes prémédités de déstabilisation sont ourdis contre le pays, profitant des crises politiques et identitaires qui minent le pays ;  et surtout du défi de dialogue et d’union sacrée de l’élite politique ; les scènes de violences faisant de nombreuses victimes civiles et parmi les hommes en uniforme détériorent le climat de sérénité et de confiance ; Mais, le défi sécuritaire et de dialogue ne doit aucunement justifié les violations des droits humains dans notre pays.

Le Conseil National des Organisations de la Société Civile constate avec amertume et consternation ces derniers temps, la détérioration inquiétante des conditions de détention impliquant particulièrement des détenus politiques à la maison centrale de Conakry.

En l’espace de deux mois, les décès successifs de deux détenus dont les circonstances ne sont pas encore élucidées relancent les débats sur les conditions de détention dans les prisons et surtout la situation des « détenus politiques » et toutes les implications procédurales et de droits humains dans un contexte politique très controversé.

  • Considérant les répercussions politiques et sociales  du maintien en détention d’hommes politiques après un scrutin agité qui a entrainé des affrontements post-électoraux particulièrement violents ;
  • Vu la nécessité d’ouvrir rapidement un dialogue national inclusif pour adresser toutes les questions politiques restées béantes depuis plus d’une année et surtout construire un consensus politique indispensable à la paix et la stabilité du pays ;
  • Soucieux de la détérioration du climat socio-politique et surtout l’instrumentalisation qui pourrait être faite de cette vague d’interpellation de leaders politiques et sociaux par les acteurs nationaux et la communauté internationale ; 

Le CNOSCG exprime ses vives préoccupations sur le maintien en détention de responsables et militants de l’opposition et de la société civile, malgré de multiples spéculations sur leur état de santé et surtout de décès intervenus en situation d’incarcération, sans preuves contraires et irréfutables des causes profondes et de l’imputabilité des conditions de détention.

Pour ce faire entendre,  le CNOCG fidèle à sa mission de veille, d’alerte et d’interpellation, a   adressé à la veille de l’investiture du président de la république, le 14 décembre 2020, suivant référence 508/CNOSCG/2020, une lettre de plaidoyer au Président de la République enregistrée selon le numéro 9129/MAP/2020 pour solliciter un acte d’apaisement politique fort en faveur de la mise en liberté conditionnelle des détenus politiques qui ne sont pas juger, et la Grâce pour ceux qui sont condamnés pour des faits politiques.

C’est dans la poursuite de cette démarche que l’opinion a appris avec indignation la mort d’un militant de l’opposition. Face à cette situation, le CNOSCG :

  • interpelle le sens de responsabilité des autorités politiques, judiciaires et sécuritaires pour le respect des engagements de l’État guinéen  en faveur des droits humains et surtout le traitement des personnes en conflits avec la loi ;
  • demande aux autorités judicaires de faire toute la lumière sur les cas de décès intervenus en détention et surtout œuvrer pour l’accélération des procédures judiciaires qui doivent être conduites dans la transparence et la diligence conformément aux lois de la république ;
  • appelle la haute attention du chef de l’État sur l’impérieuse nécessité de faire un geste en faveur de l’apaisement en accordant une liberté conditionnelle à tous les détenus politiques dans les prisons civiles du pays ;

Il est à noter qu’en ces temps pénibles pour notre nation, caractérisés par la fracture du pacte citoyen et social, des tensions politiques exacerbées, la rupture de confiance entre les forces vives menaçant la paix et stabilité nationale, il est de la responsabilité du président élu de faire un geste fort en faveur de la paix.

Ailleurs, en manifestant toute sa compassion aux victimes, leurs familles biologiques et politiques, le CNOSCG invite l’Etat Guinéen à l’apaisement et à l’ouverture du dialogue sociopolitique.

Fait à Conakry, le 22 décembre 2020

                                                                                                   Dr Dansa KOUROUMA

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.