Le coronavirus mute plus lentement que la grippe: pourquoi c’est une double bonne nouvelle

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Motif d’espoir dans la lutte mondiale contre le nouveau coronavirus: selon des chercheurs, celui-ci mute plus lentement que d’autres virus respiratoires comme la grippe. Une conclusion qui a au moins deux implications positives.

Nous nous en rendons compte un peu plus chaque jour: le Covid-19 n’est pas une simple grippe. Ce nouveau coronavirus, qui est apparu en Chine avant de se propager dans le monde entier, est bien plus contagieux et surtout plus mortel que la grippe saisonnière. Mais il diffère également de celle-ci sur un autre point, et pour une fois, c’est une bonne nouvelle: il mute moins rapidement. De subtiles modifications de son génome se sont produites au fil du temps, mais le virus se présente de la même façon partout où il a surgi.

“Ceux qui ont développé des anticorps ne sont peut-être protégés que temporairement”

C’est la conclusion à laquelle sont arrivés des experts qui ont suivi la propagation du virus. Selon Peter Thielen, généticien moléculaire au laboratoire de physique appliquée de l’Université Johns Hopkins, la souche trouvée initialement sur un marché de Wuhan en novembre est sensiblement la même que celle qui frappe actuellement les États-Unis, soit cinq mois plus tard. Dans une interview accordée au Washington Post, Peter Thielen a déclaré que l’analyse de 1.000 échantillons différents du nouveau coronavirus n’a révélé que quatre à dix différences génétiques entre les souches chinoise et américaine. Ce qui est peu lorsqu’on sait que le virus a touché plusieurs dizaines de milliers de personnes entretemps.

Le coronavirus connaîtrait une à deux mutations par mois, confirme Andrew Rambaut, biologiste évolutionniste moléculaire à l’Université d’Édimbourg, en Écosse. Ce qui est deux à quatre fois plus lent que la grippe, précise-t-il au magazine Science.

Le coronavirus ne devrait pas devenir plus dangereux

Concrètement, cela signifie que le SARS-CoV-2 (le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2) est plutôt stable et ne devrait pas devenir plus virulent au fur et à mesure qu’il se transforme. Autre bonne nouvelle: un seul vaccin sera probablement nécessaire pour nous protéger, lorsque celui-ci sera développé et validé. 

“À ce stade, le taux de mutation du virus laisse penser que le vaccin développé pour le SARS-CoV-2 serait un vaccin unique, plutôt qu’un nouveau vaccin chaque année comme le vaccin anti-grippe”, explique Peter Thielen au quotidien américain. 

Néanmoins, il ne faut malheureusement pas espérer de vaccin avant douze à dix-huit mois…

Source: The Washington Post, Science

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