Le coup de boutoir de la CEDEAO au dialogue inter-guinéen (édito-Mognouma)

La session ordinaire de la CEDEAO a eu lieu ce dimanche 04 décembre 2022, à Abuja , au Nigéria.

Le rendez-vous  était très attendu à Conakry.  Il se disait partout , et à juste raison, qu’il doit décider de l’avenir du dialogue inter guinéen à propos duquel le CNRD et ses soutiens les plus irréductibles,  ne s’empêchaient nullement  de proclamer la victoire après les félicitations et encouragements de certaines  chancelleries occidentales .  

Les chefs d’Etats de la sous-région qui se sont encore retrouvés à cette occasion,  entre autres autour de la Guinée et de sa transition militaire balbutiante ,  en ont décidé autrement.

C’est un véritable coup de  boutoir donné au dialogue.

 Le ton n’est ni  dur, ni complaisant. Il est tout simplement tranchant à propos de  l’initiative  en cours , relativement  à  la relance des concertations qui ont lieu   entre les acteurs sociopolitiques du pays .

Ça a tout l’air d’un camouflet pour les facilitatrices désignées par le CNRD, qui croyaient  pouvoir  réussir le dialogue en l’absence des trois coalitions composées  de partis politiques et d’organisation de la société civile, vindicatifs certes, mais cependant   assez représentatifs dans le pays.

En effet,  elles s’étaient alors  cousues  toutes seules d’un costume devenu plus tard  étriqué , songeant que ce serait le plus court chemin vers le graal

Et pourtant, le médiateur de la CEDEAO avait prévenu. Thomas Yayi Boni  a alerté dans son discours à l’ouverture du dialogue.

« Madame la Présidente, pourtant vous m’avez promis que tout le monde serait là », était la petite blague de mauvais goût de l’ancien Président Béninois  à l’endroit de la porte-parole des facilitatrices.  

 Mais c’était difficile de croire en ce moment que   le projet   qui a été initié , mis en place et exécuté  avec un peu d’enthousiasme était à refaire.

Pire,  qu’il allait s’écrouler comme un château de cartes, du fait de l’absence de certains. Beaucoup  refusaient de croire à ce scénario, en se disant que  le médiateur n’est pas étranger à ces genres de situation, lui qui vit pire dans son pays  avec celui-là même  qui lui a  succédé au trône, et  qui fait boire la calice  jusqu’à la lie à ses opposants  de par les actions  d’une justice autant décriée, comme c’est parfois abusivement le cas  chez  nous.

 Il est évident que la mauvaise impression du médiateur du dialogue n’a pas changé.   

La  CEDEAO l’entonne  bien d’ailleurs. Elle demande  aux  autorités guinéennes  d’associer immédiatement et sans exception les partis politiques et la société civile,  les principaux , dit-elle , qui ont  boycotté  l’offre de dialogue .

 Il s’agirait sans doute des partis politiques membres de la troika et du FNDC. Cela   veut dire que la CEDEAO donne de l’écho aux réclamations de ces coalitions qui exigent du pouvoir de Conakry, faut-il le rappeler, la réhabilitation de l’organisation dissoute, dirigée par Foninké Mangué Sylla ainsi que  l’arrêt des poursuites contre les acteurs politiques et ceux de la société civile.

C’est ainsi dire que ces acteurs qui n’étaient plus audibles, ou qui ne semblaient plus l’être auprès des décideurs de la sous-région, et d’ailleurs, le redeviennent désormais.  

Dans ce jeu de « qui perd gagne », tout est possible.

Mais pour l’heure, c’est le retour en force de la Troïka . La CEDAO prend à son compte leurs réclamations.

Reste à savoir si la junte qui se veut nationaliste en de pareilles circonstances, comme hérité de ses prédécesseurs, va , malgré tout,  continuer sa marche solitaire, avec la détermination du « quoique ça coute » qui pourrait s’avérer  trop risquée dans un environnement socio-économique qui sera sans doute volatile 

In DjomaMédia

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