Le Maroc annonce son retrait d’une zone contestée au Sahara occidental

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Le Maroc va se retirer à partir de dimanche d’une zone contestée au Sahara occidental, théâtre de vives tensions avec les indépendantistes du Front Polisario, a-t-on appris dimanche de source officielle.
« Le royaume du Maroc procèdera, dès aujourd’hui (dimanche), à un retrait unilatéral de la zone » de Guerguerat, à la frontière avec la Mauritanie, dans le sud-ouest du Sahara occidental, a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le texte ne donne aucune précision sur les modalités de ce retrait.
Disant vouloir lutter « contre la contrebande », l’armée marocaine avait entamé mi-août près de cette localité la construction d’une route goudronnée au delà de son mur de défense, une barrière de sable qui marque la frontière du Sahara occidental sous contrôle marocain.
Les indépendantistes du Polisario ont depuis lors multiplié les incursions dans cette zone, les médias proches de ce mouvement faisant état en décembre dernier de patrouilles de ses combattants et d’installation d’une « base d’appui ».
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental, immense étendue désertique, est sous contrôle du Maroc depuis 1975. Soutenu par l’Algérie, le Polisario réclame un référendum d’autodétermination alors que Rabat, qui contrôle la région et considère le Sahara comme une « cause nationale », propose une autonomie sous sa souveraineté.
Les armes se sont tues depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en 1991, et l’ONU maintient sur place une force de paix comptant environ 250 casques bleus et chargés notamment de surveiller le cessez-le-feu.
L’annonce du retrait de Guerguerat, « sur instruction » du roi Mohammed VI, intervient après une demande en ce sens du Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, explique le communiqué.
Vendredi, Mohammed VI s’était entretenu au téléphone avec M. Guterres pour « attirer son attention sur la situation grave » dans cette zone. Il avait dénoncé les « incursions répétées des éléments armés du +Polisario+ » et appelé l’ONU à « des mesures urgentes » pour y mettre fin.
Dans son communiqué dimanche, le Maroc dit « espérer que l’intervention du Secrétaire général (de l’ONU) permettra de revenir à la situation antérieure dans la zone concernée, de préserver intact son statut, de garantir la fluidité du trafic routier et, ainsi, de sauvegarder le cessez-le-feu ».
Selon la presse marocaine, seule une portion de la route contestée –longue de 4 km– a été asphaltée par les autorités marocaines.
Les travaux des pelleteuses ont été interrompus depuis les incursions du Polisario, qui se sont multipliées à partir de décembre, selon la même source.
Ces mêmes incursions ont débuté un mois avant le retour fin janvier du Maroc au sein à l’Union Africaine (UA), et visaient notamment « à torpiller ce processus », selon Rabat, engagé dans une vaste offensive diplomatique sur le continent.
Ce regain de tension a fait craindre une possible reprise des hostilités, le quotidien américain New York Times titrant même en janvier dernier, à propos du Sahara occidental, sur la « prochaine guerre en Afrique du nord ».
AFP

 

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