Wright à la maison des jeunes de Faranah: « les citoyens sont assoiffés de justice, il faudrait que l’on fasse la reddition des comptes »

En séjour dans le Sankaran depuis la nuit du mardi dernier, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, dans le souci de doter la Guinée et les Guinéens d’une justice équitable pour tous et des infrastructures de qualité qui répondent aux normes, a mené plusieurs actions dans cette ville qui a vu naître le premier président de la République de Guinée mais qui malheureusement manque de tout. 

Ce jeudi 19 janvier 2023, Alphonse Charles Wright a eu des échanges fructueux avec les citoyens de Faranah. Dans la salle polyvalente de la nouvelle maison des jeunes, le Gouverneur, le préfet, les religieux, les transporteurs, la chambre de comme et de l’agriculture, les acteurs de la justice, des forces de défense et de sécurité et plusieurs centaines de citoyens anonymes étaient tous présents pour expliquer les différents problèmes qui hantent la justice dans cette ville de la Haute Guinée. 

A l’image de presque la totalité des autres préfectures, Faranah fait face à des problèmes que sont le stelionnat, le non respect du code de l’environnement, la lenteur de la justice, l’expropriation des terres,….

Le Garde des Sceaux a, au sortir de cette rencontre d’échange autour de la justice, dit être  très touché par rapport à l’intérêt que les populations accordent à cette rencontre. « C’est une occasion, comme je l’ai dit, d’expliquer aux citoyens leurs droits parce que l’un des axes stratégiques de notre département, c’est de favoriser l’accès à la justice. Mais la leçon que j’ai tirée c’est que les citoyens sont assoiffés de justice et aujourd’hui même s’ils saluent de passage les différentes réformes menées au niveau du secteur de la justice mais leurs attentes sont encore nombreuses. Il faut forcément une maison de justice dans toutes les préfectures parce quelles sont les centres d’écoute des citoyens, des centres d’information et de vulgarisation de nos textes de droit », explique Alphonse Charles Wright. 

À Faranah aujourd’hui, poursuit-il, il y a des difficultés au niveau de la justice en termes d’infrastructures, mais il faut beaucoup jouer sur la sensibilisation et l’information. « Nous avons promis de revenir pour examiner l’ensemble des dossiers que les Faranahkas ont posés à notre niveau parce qu’il faut leur expliquer les procédures, leur droit et lutter contre la corruption dans tous les domaines de la vie judiciaire et administrative de Faranah. parce que ça ne sert à rien qu’on me dise qu’il y a certaines autorités judiciaires et administratives qui ont des parcs de boeufs. Moi je ne peux pas comprendre ça, les frais de justice dont les textes sont déjà uniformisés qui sont connus sont surfacturés je ne peux pas l’accepter. Mais il faudrait que l’État joue sa partition. Il n y a pas demi-mesure j’ai dit dès lors que nous sommes convaincus que la politique pénale du gouvernement aujourd’hui c’est la lutte contre la corruption, les instructions sont déjà données. Il faudrait que l’on fasse la reddition des comptes, quels sont les biens appartenant à l’État qui ont été spoliés ? Aujourd’hui, on a besoin de développer les infrastructures pour le bien-être de la population (…) Au niveau déjà urbain, il faudrait que les infrastructures de l’État qui ont été spoliés, biens immobiliers bâtis ou non bâtis, il faut quand-même que les procureurs se lèvent pour pouvoir tirer les choses au clair », a formulé Alphonse Charles Wright devant cette population venue nombreuse accordée de l’intérêt à cet échange. 

Très satisfait du passage du Garde des Sceaux, Arafan Moustapha Keïta a fait savoir que d’une manière générale la population de Faranah a exprimé un sentiment de satisfaction suite à cet échange. « Quand on parle de l’Etat, en principe on doit connaître les principes de base, être informé des lois dont nous disposons surtout au niveau de la police de proximité mais de la justice aussi. Le ministre a eu à déballer beaucoup de choses. Ici à Faranah le casier judiciaire était pris jusqu’à 80 mille francs guinéens…Nous sommes très rassurés par son passage parce que le ministre a laissé un numéro vert, nous sommes contents. Après son passage à Faranah les citoyens d’ici ne subiront pas d’injustice, nous allons travailler dans les règles de l’art ».

Mamadou Yaya Barry depuis Faranah 

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