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Tribune

Le peuple est votre pouvoir (Par Tounkara Mamoudou Mariam)

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Le peuple est votre pouvoir, qu’il s’agisse du gouvernement du syndicat ou des forces sociales, car votre légitimité y découle.

Même dans une situation d’anormalité comme le combat ou sous un régime totalitaire, le pouvoir repose toujours sur l’acceptation ou le consentement du peuple qui se reconnait dans les décisions découlant de son exercice. Le pouvoir des gouvernants n’est ainsi que lorsqu’il sert le peuple qui finalement le valide. Ses différentes décisions dépendent exclusivement du peuple sur lequel il s’exerce. Et comme tel, il ne doit y avoir aucune peine à reconsidérer une décision manifestement illégitime. « Une tête se rase pour son porteur et non contre ». La démocratie voudrait qu’on respecte les libertés individuelles et collectives, même Dieu n’oblige pas quelqu’un à entrer au paradis. Même si vos décisions comme vous le dites sont en faveur du développement du pays, elles requièrent son acquiescement. Vous ne pouvez pas faire de ce pouvoir tout ce que vous voulez, quand et où vous voulez, surtout au frais du bas peuple.

Aux syndicats et forces sociales, vous parlez et agissez pour nous et en notre nom. Et ainsi, nous devons nous reconnaitre dans tout ce que vous entreprenez. C’est nous qui faisons le pouvoir dont vous savez pavoisez sur la place publique. Nous ne doutons guère de votre bonne foi, montrez-nous que vous êtes dignes de notre confiance, ne nous décevez pas, rassurez nous. Vous menez une vraie bataille, une bataille noble pour l’intérêt général. Fixez-vous sur cette dernière et ne sombrez pas dans une  guéguerre d’égo car cela trahirait la noblesse de votre lutte sociale.

Vivons en bonne intelligence, une société faite de moins intelligents ne peut que vivre d’inutiles crises. Cette dernière liée à la hausse du prix du carburant à 25% n’est qu’une inutile crise qui en rajoute à de multiples que le pays a déjà connues. Le gouvernement dit agir dans l’intérêt du peuple. Il argue agir dans l’intérêt supérieur du peuple. Pour lui, la subvention des prix des produits pétroliers est une pratique qui réduit la marge de manœuvre d’un gouvernement qui a assez de priorités pour assurer le développement. Il parle aussi de différentiel des prix avec les pays voisins qui  entraine  des exportations frauduleuses profitables à certains Guinéens. Les acteurs sociaux aussi défendent l’ensemble de la couche sociale. Selon eux, la misère du peuple  n’est pas prise en compte par les gouvernants; mieux, ils s’offusquent de ne pas être associés à la décision conformément aux accords précédents.

Il est vraisemblable alors que les acteurs en contradiction luttent pour la même cause sans se comprendre. Si c’est le cas, ils devraient se comprendre en acceptant de dialoguer. Il faut cependant marquer d’un trait particulier que les acteurs sociaux ne doivent pas défier le gouvernement en lui imposant de reconsidérer sa décision avant toute négociation. Seule la constitution a ce pouvoir, celui de faire ou défaire une décision du pouvoir. Gouvernements syndicat et forces sociales soyez sensibles à la souffrance de ce peuple qui n’a que trop souffert. (Une journée perdue pour un citoyen lamda est une perte de trop, la classe moyenne vit le jour au jour. Syndicats et forces sociales peuvent négocier sans imposer au gouvernement de reconsidérer sa position si toute fois ils ne sont en position de guéguerre inutile.

En définitif, le dialogue est le sésame à toute crise sociopolitique, même après des conflagrations on finit toujours par négocier. Partez négocier pour nous, sans préalable et ramener le carburant à 8000FG si cela va dans notre intérêt ; à 9.000 FG si cela contenter chacun. Mais, surtout ne quittez pas la table de négociation si le gouvernement ne garantit pas la bonne gouvernance, l’organisation efficiente des prix des produits et services sur toute l’étendue du territoire national. Que les gens ne soient pas capables de se lever un matin et fixer leurs prix à leur gré aux dépens de peuple.

Ne l’oubliez pas, vos pouvoirs ne sont pouvoirs qu’avec nous, la majorité silencieuse.

Tounkara Mamoudou Mariam dit ‘’Marakamansa’’

Enseignant chercheur à l’institut supérieur de l’information et de la communication de ISIC de Kountia

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