Le sida progresse à Kankan : une travailleuse du sexe confesse…

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Le mardi 1er décembre 2020, l’Humanité a célébré la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA. Dans la commune urbaine de Kankan, la 2ème ville du pays, cette journée est passée inaperçue puisqu’aucune activité n’a été organisée par les autorités pour la circonstance. Au cours de cette année 2020, quatre mille (4000) nouveaux cas de VIH ont été enregistrés dans la région de Kankan.

Dr Mamy Sampou, point focal VIH/Sida à l’hôpital régional de Kankan, livre ici les dernières statistiques : « Au cours de l’année 2020, il y a eu une augmentation considérable du nombre de personnes infectées au VIH. Nous avons enregistré 4000 nouveaux cas, dont 739 hommes, 1707 femmes, 183 enfants masculins, 248 enfants féminins. Donc, le total fait 2446 patients suivis, c’est-à-dire qui viennent régulièrement prendre les médicaments. Sinon, dans le registre général, nous dénombrons plus de 4000 infectés. Mais dans les 4000, il y a des transférés sortants, des décédés, et des disparus qui commencent le traitement, après un certain moment on ne les voit plus. », a-t-elle indiqué.

Les travailleuses du sexe (prostituées) sont les plus exposées à cette maladie. Rencontrée dans un motel de la place, une jeune dame âgée d’une vingtaine d’années nous a confié ceci : « Nous achetons toutes, les paquets de préservatifs, parce que nous travaillons dans les motels. Dans chaque motel aussi il y en a. Je ne couche pas avec quelqu’un s’il ne porte pas un préservatif, parce que je veux préserver ma santé. » Avant d’ajouter que les autorités viennent souvent effectuer des tests de dépistage sur elles, mais elle déplore le fait que celles qui sont testées positives refusent de suivre les traitements adéquats. « Les autorités viennent faire des tests ici, mais celles qui sont testées positives refusent d’aller se faire soigner. Même si on leur explique discrètement et on leur donne les contacts des médecins, elles refusent de partir. Sinon les autorités viennent ici souvent pour nous donner 2 cartons de préservatifs chacune. », nous a-t-elle confié.

Pour terminer, Mme Doumbouya née Mamy Sampou, invite les gens à venir se faire dépister. Selon elle, les résultats des tests de dépistage sont confidentiels et les traitements sont gratuits. « Ce que moi je vais dire, c’est de toujours sensibiliser les gens afin qu’ils viennent vers les structures sanitaires. Ce n’est pas seulement l’hôpital qui fait le dépistage, même dans les centres de santé les plus proches, les postes de santé, les gens peuvent avoir accès. Si tu viens, tu fais ton dépistage, tu sais de quoi tu souffres, il y a des médicaments gratuits qu’on va te donner. Mais les gens restent à la maison et ne viennent pas vers les structures sanitaires. Ça devient un problème. Tous les jours, nous faisons le dépistage et tous les jours nous mettons les gens sous traitement. Donc ça devient inquiétant pour nous. C’est le temps de dire aux gens de venir se faire dépister rapidement. S’ils sont malades, ils vont prendre des médicaments, parce que ce n’est pas écrit sur le front de quelqu’un que tu es malade. C’est à travers le test seulement qu’on peut connaître si tu es malade ou pas. », a-t-elle conseillé.

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

623 77 06 09

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