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L’écriture N’ko, le paradoxe guinéen : coup de gueule d’un compatriote de la diaspora en France 

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Le N’KO, quel paradoxe en Guinée ?

C’est vraiment un paradoxe, du moment que les autres sont en train d’apprendre la pensée historique, linguistique et philosophique du Savant Solomana KANTE (1922-1987), son propre pays est en train de s’agiter s’il faut introduire ou pas le N’ko dans son système éducatif. Alors qu’il existe aux USA l’université du N’ko de Philadelphie, L’institut du N’ko de Philadelphie, il est enseigné dans les prestigieuses universités à travers le monde (INALCO de Paris, Harvard des USA, l’université du Caire, celle de Saint-Pétersbourg en Russie, …)

Sachons qu’en même que la production livresque en transcription N’ko est à un rythme 10 fois plus que celle des écritures étrangères en Guinée (Français, Arabe et Anglais), car chaque mois au minimum cinq (5) nouveaux ouvrages transcrits en N’ko paraissent. Présentement, le jeune professeur Mory CAMARA « Djomassinilon» de moins 35 ans, est à son 65 ème ouvrage, le malien Mahamoud SANGARE est auteur de plus de 80 ouvrages. Je parle des ouvrages scientifiques et pas seulement de simples romans, des ouvrages qui illuminent toute une société.

Photos de couverture d'un ouvrage sur l'aéronautique en bambara transcrit en N'ko au Mali

Le Savant Solomana KANTE, pionnier de l’indépendance culturelle, nous a légué 183 livres de tout bord (38 livres d’histoire, dont son célèbre livre de plus de 1000 pages sur l’histoire des Mandingues depuis 3000 ans avant JC jusqu’à l’empire Wassolon de l’Almamy Samory TOURE, des livres sur la théologie islamique dont la traduction intégrale du Saint Coran, un livre de plus de 4000 hadith prophétiques authentiques, un livre sur la Géomancie, des ouvrages sur la médecine traditionnelle qui traitent des symptômes des maladies et du rôle de plus de 500 plantes médicinales de l’Afrique de l’Ouest,  la Chimie avec la traduction du Tableau périodique de Mendeliev, La Mécanique, la pensée de 100 philosophes dont 50 avant JC et 50 après, les Mathématiques, l’astronomie, la physique, la grammaire, le dictionnaire monolingue de 32500 mots, le dictionnaire bilingue Nko-Français (le Larousse africain dont les disciples ont porté à près de 100 000 mots faisant du manding en transcription, la langue la plus riche d’ Afrique, alors qu’aucun autre dictionnaire de n’importe quelle langue africaine n’atteint 20.000 mots y compris le Swahili),  l’économie politique, la Biologie, etc.… Son ouvrage sur la biologie humaine est 10 fois plus riche que le programme enseigné au lycée. Moi je le considère comme le Savant le plus célèbre du 20ème Siècle avec le scientifique Sénégalais Cheik Anta Diop.

De nos jours, des œuvres sur l’ingénierie agricole, la maçonnerie, le génie électrique et électronique, l’élevage, les ponts et chaussée, tout le programme scolaire guinéen et malien existent en n’ko. Des journaux paraissent en transcription n’ko depuis 1995 en Guinée jusqu’à nos jours : les mensuels somoya sila, Wentere, fodoba foobe paraissent à Conakry, les mensuels Djedelon Sila et silabo soona paraissent à Kankan, en province, dans un pays où les journaux se limitent à Kaloum, le centre administratif de Conakry.

Malheureusement, par la haine et par l’ethnie, la Guinée, pays de Solomana Kanté, continue toujours à se demander est-ce qu’il faut apprendre ou pas le N’ko ?

Nous, en tout cas, disons que le N’ko se développera avec ou sans l’Etat Guinéen. Puisqu’il s’est développé jusque-là sans nos prétendus intellectuels et sans l’aide d’aucun gouvernement. Les autorités guinéennes doivent s’attendre à une honte planétaire, une honte, celle de rejeter son propre fruit par ignorance, et de surcroît qui sert l’humanité entière. Nous, apprenants de ce système d’écriture ayant goûté à l’indépendance intellectuelle, ne peuvent se passer du N’ko, puisse qu’il nous a permis de toucher du doigt la vraie science, pas seulement le savoir parler, mais le savoir connaître, le savoir-faire.

Le N’ko est une alternative pour récupérer le savoir de ceux qui n’ont pas bénéficier de l’enseignement du Français, de l’Arabe et de l’anglais. C’est très impressionnant de voir quelqu’un qui n’a pas fait le banc, écrire un livre en N’ko avec le respect des principes de rédaction « la démarche scientifique » : (voire le livre de Kalilou KOULIBALY aux édition Harmattan), ce livre en écrit en N’ko, ce jeune homme Koulibaly de moins de la quarantaine est auteur de plein d’autres ouvrages, le Panorama de l’histoire du Manding de Hayamadi Sylla, le parcours de Nelson Mandela de Sebe Mara, etc… Nfaly Camara à Kankan 20 ans et Tayiri Koïta adolescent à Kouremalé, créent leurs propres applications alors qu’ils n’ont fréquenté à part l’école n’ko, aucune école en Français, anglais ni arabe. Ils sont des génies en Informatique grâce au N’ko.

Par contre, chez nous en Afrique, on ne reconnait pas les mérites d’un vieux qui peut faire 5 heures de discours riche en langue nationale sans papier, alors qu’on applaudit un petit discours bidon de 10 minutes en langue étrangère, quelle aliénation !!! Au lieu de considérer le savoir manier sa langue, il faut voir plutôt le fond du message véhiculé, nos sages connaissent 10 fois mieux le discours et la prise de parole en public qu’un sortant de Sorbonne ou Harvard….

J’invite tout le monde, tout jeune guinéen, à regarder la vérité en face, à mettre de côté l’égo, l’ethnie, la haine, à soutenir le N’ko qui est un moyen de consolidation de l’unité nationale.

Présentement, il existe des ouvrages Soussou, soninké, pular, Kissi, Kpelle, Baoulé en N’ko. L’expérimentation des langues du Cameroun en n’ko a atteint une phase très avancée sous la houlette de la collaboration entre l’université de Yaoundé et celle de Harvard. Pour vous dire que le N’ko est un système d’écriture comme le latin en Europe…. Si toute l’Europe utilise le latin, pourquoi pas toute l’Afrique le N’KO ? Pourtant les Américains le qualifient déjà d’Alphabet Africain…….

C’est aux députés guinéens de décider si l’objectivité scientifique l’emportera sur la haine viscérale. Une belle occasion de rentrer dignement dans l’histoire ou de manquer des occasions comme notre pays nous a finalement habitué, en passant à côté.

Photos de couverture d’un ouvrage sur l’aéronautique en bambara transcrit en N’ko au Mali.

MORY TRAORÉ, INTELLECTUEL BILINGUE FRANÇAIS ET LANGUE NATIONALE. En formation à TURCOING, France

 

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