Les avocats de l’Etat guinéen absents à la Cour de justice de la CEDEAO: « on ne peut pas défendre l’indéfendable » (avocat du FNDC)

Print Friendly, PDF & Email

Les avocats de la partie gouvernementale ont brillé par leur absence hier mercredi 7 juillet 2021 à la deuxième audience du procès qui les opposait aux avocats du FNDC. A rappeler que le FNDC a intenté ce procès contre le gouvernement guinéen après que ce dernier (gouvernement) ait procédé au changement de constitution ayant permis au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Ce jeudi 8 juillet 2021, dans l’émission « Mirador’’ de FIM Fm, Alpha Yaya Dramé, avocat du FNDC, dira que la  réponse à cette question est délicate parce qu’il est très difficile de pouvoir spéculer sur ce qui se passe chez les autres. Tout de même, il fera remarquer que l’on ne peut pas défendre l’indéfendable.

«Mais bon, on va essayer mais ce qui me passe à la tête en première vue, c’est qu’on ne peut pas justifier l’injustifiable, donc autant être absent si on ne peut pas justifier on ne peut pas défendre l’indéfendable. Donc si l’État guinéen était absent c’est certainement je ne dirais pas probablement parce que c’était une position indéfendable. Et je vous dirai simplement il vous suffit de lire les textes. Alors ce que les gens ignorent je ne dis pas ce que les Etats font de la CEDEAO, je vous parle de la CEDEAO du droit, je vous parle de la CEDEAO politique. On a créé en fait ce qu’on appelle un standard constitutionnel commun aux 15 Etats membres. Pourquoi ? Parce que la CEDEAO s’orientait vers la création d’un Etat fédéral et parmi les étapes ou les prémisses de la constitution de cet Etat fédéral, il y avait l’établissement d’une constitution commune donc c’est un nombre de principes opposables aux 15 Etats membres. Donc, vous avez eu une cascade de protocoles qui ont  pour objectif de réglementer ce qu’on appelle acquisition en fait et l’exercice du pouvoir dans l’un des pays des 15 Etats membres. Et donc le protocole de 2001 a établi que tout changement anticonstitutionnel qui provient d’un coup d’État constitutionnel ou d’un coup d’État militaire est interdit. Et en 2012, tous les 15 Etats membres ont, au premier chef la Guinée, signé un protocole sur les sanctions propres à ceux des Etats qui violeraient  cette interdiction. Donc on a une réglementation claire et nette qui indique que tout changement de constitution ayant pour objet ou pour effet d’empêcher l’alternance politique est une infraction à la législation communautaire. C’est donc un cas de doute. Donc s’ils ne sont pas présents, c’est qu’évidemment on aura du mal à pouvoir justifier puisque la défense qu’avait adoptée l’État guinéen lors de la première audience est de dire de toute façon même si on changeait la constitution rien ne prouve que le président Alpha Condé entendait se présenter pour un troisième mandat et qu’il veut simplement doter son pays d’une constitution. Donc c’est l’homme le plus saint, l’homme qui aime le plus en fait son pays. Voilà tout ce bavardage inutile, donc c’est un mensonge mais aujourd’hui la réalité les a rattrapés.», a-t-il indiqué.

Pour l’avocat du FNDC, ils ont seulement modifié la constitution et cette modification a permis au président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir et aujourd’hui il est au pouvoir. Donc selon  lui, voilà pourquoi la défense de la Guinée n’est pas présentée à la cour de justice de la CEDEAO parce qu’on ne peut pas défendre l’indéfendable.

Christine Finda Kamano

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.