Les confidences du ministre Morissanda: « ce qu’ils [Cedeao] voulaient, c’est de donner le pouvoir à un voleur après l’avoir retiré à un voleur »

Le ministre des Affaires Étrangères. de la Coopération Internationale, de l’Intégration Africaine et des Guinéens de l’Étranger, Dr Morissanda Kouyaté était récemment dans sa ville natale (Kouroussa) pour une visite. Au cours de son séjour, il s’est rendu dans le village de Bookoro [qui signifie sous le bambou en maninka] situé à quelques kilomètres de la commune urbaine.

Devant les habitants dudit village, le ministre a, dans la langue du territoire (maninkakan) entre autres expliqué les raisons qui ont amené le président de la transition le colonel Mamadi Doumbouya et le CNRD à prendre le pouvoir le 5 septembre 2021, les dernières discussions entre la Guinée et la CEDEAO sur la durée de la transition et les assurances que le nouvel homme fort du pays (colonel Doumbouya) a donné à l’ancien président, Pr Alpha Condé.

A l’entame de son intervention, il a comparé la Guinée, avant la prise du pouvoir par le CNRD à un véhicule dont le chauffeur et les passagers ne conjuguaient plus le même verbe. Et que l’accident dudit véhicule était inévitable si toutefois, l’un des braves passagers qu’il a nommé colonel Mamadi Doumbouya) ne prenait pas la décision ‘’historique’’ de débarquer le chauffeur titulaire (Pr Alpha Condé) pour éviter le pire.

« Comment notre pays est tombé dans cette transition ? Qu’est-ce qu’une transition ? Quand j’étais à l’étranger, j’ai appris que la Guinée est un véhicule, c’est vrai et prenant l’exemple sur ça. Certains disent que quand l’un des roues du véhicule s’affaisse, qu’il ne peut continuer. Donc comparons la venue de cette transition à un véhicule. Si la Guinée est un véhicule, son chauffeur est le président de la République. Le premier de ces chauffeurs fut le président Ahmed Sékou Touré en Guinée, tous les autres présidents jusqu’au Colonel Mamadi Doumbouya sont arrivés après le règne de ce dernier. Qu’est-ce qui a amené Colonel Mamadi Doumbouya au volant (chauffeur) du véhicule ? Ce sont tous les Guinéens qui constituent les passagers dudit véhicule. Quand les passagers d’un véhicule ne s’entendent pas et qu’ils commencent à se bousculer à l’intérieur du véhicule, incontestablement, c’est l’accident qui arrivera. Et si ces mêmes passagers décident de se jeter sur leur chauffeur, bonjour les dégâts. Vous devez comprendre que le véhicule Guinée a été conduit par certains chauffeurs qui ont fait accident en cours de route, et certains de leurs apprentis (ministres) ont dit qu’ils sont capables de mieux conduire le véhicule. Mais le hic est que leurs patrons (chauffeurs) ont déjà fait l’accident avec le véhicule. Le véhicule dont il s’agit appartient à tous les Guinéens. Par conséquent, ce sont ces Guinéens seulement qui peuvent changer leur chauffeur. Le Colonel Mamadi Doumbouya a vu que le chauffeur (Pr Alpha Condé) qui conduisait le véhicule Guinée ne voyait plus la route. Parce que les passagers que sont les Guinéens ne s’entendaient plus au bord du véhicule. Chaque passager criait à sa manière, et le Colonel a décidé le débarquéer le chauffeur en disant : ‘’comme moi je sais conduire, si je n’interviens pas, nous allons tous périr. Je ne frapperai pas le chauffeur et je ne l’insulterai pas. Mais qu’il devienne simple passager comme les autres pour éviter l’irréparable’’. C’est ça la transition en cours sous la clairvoyance du Colonel Mamadi Doumbouya », dira-t-il aux habitants de ce village sous un tonnerre d’applaudissement.

Par des discussions entre la Guinée et la CEDEAO relatives à la durée de la transition, il a reconnu qu’elles ont été difficiles et houleuses.

« La CEDEAO comprend 15 pays dont le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo (…) Pourquoi nous étions en discussion avec la CEDEAO ? C’est cette CEDEAO qui nous a dit comme vous avez pris le véhicule Guinée, nous vous donnons six mois comme durée de la transition. En réponse, Colonel  Mamadi Doumbouya a dit : ‘’ce véhicule Guinée que je conduis désormais a un problème de pneus et la route que j’emprunte est mauvaise’’. Toute la divergence entre la CEDEAO et nous se situait à ce niveau. Le Colonel les a dit qu’il faut que le véhicule Guinée soit bien réparé. Il n’a pas pris le pouvoir parce qu’il l’aime, il l’a pris pour éviter qu’il n’y ait accident et qu’il y ait mort des passagers. Nous avons fait un (1) an de discussion avec la CEDEAO sur la question (…). »

Parlant des six (6) que défendait la CEDEAO comme durée de la transition, il dira : « ce qu’ils voulaient, c’est de faire remplacer un voleur par un autre voleur… »

Plus loin, il est revenu sur les dernières négociations entre le gouvernement guinéen et les sociétés minières en charge de l’exploitation du Simandou. Selon lui, les précédentes négociations sur le Simandou ont été mal faites.

Youssouf Keita              

1 Commentaire
  1. Sylla 1 semaine il y a
    Repondre

    Quelle minable analogie.
    Heyy Mon Dieu!!!
    Ces putshistes là sont vraiment déplorables.

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.