Les étudiants de l’université de Sonfonia dans la rue : « aller dans notre notre centre de santé, c’est aggraver ta maladie »

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Ce jeudi 20 janvier 2022, les étudiants de l’université Général Lanssana Conté de Sonfonia étaient   dans la rue, pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie, des bus pour leur faciliter le déplacement. Ils exigent aussi qu’on mette fin à la magouille au sein de l’université.

D’abord, ils étaient tous dans une salle de classe où le représentant des étudiants a pris la parole pour étaler la liste des revendications aux responsables de l’université.

« Nous avons une liste énorme de problèmes à Sonfonia. Nous allons évoquer tout ce qui ne va pas.Je commencerai d’abord à remercier tous ces étudiants qui sont là, qui ont pris le risque de licenciement. Je remercie les autorités pour nous avoir écoutés pour la première fois dans les règles de l’art.  Et je voudrais dire aux autorités que dans un Etat où l’injustice a atteint son paroxysme, le peuple devient frustré. Pour que Sonfonia avance aujourd’hui, il faut qu’il y ait négociation entre les autorités de l’université et nous les étudiants, car nous sommes les mêmes poumons dans un même corps. À Sonfonia, les problèmes de notes ont atteint un niveau flagrant. Les professeurs, pour un cours magistral de 3 heures, ne font que 30 minutes. Tous les cours ne sont pas dispensés. Les 80% des problèmes de Sonfonia sont au niveau de la scolarité. Un étudiant, pour avoir les notes, il faut faire une demande, qui peut faire une semaine. Tu vas avec un problème à la scolarité, tu souffres, tu tapes à la porte, il est là il joue avec son téléphone…Je parle d’abord des problèmes internes de Sonfonia. Les professeurs titulaires n’ont pas le temps, ils nous envoient des assistants qui ont les mêmes licences que nous. On ne veut plus suivre les cours avec les assistants. Notre centre de santé n’est pas digne du nom. Quand on tombe malade, tu pars là-bas, ta maladie va s’aggraver. À Gamal, il y a une salle des fêtes, mais à Sonfonia, il va falloir louer. Le terrain aussi, il faut louer.À Gamal, les étudiants ont un bureau. Voilà quelques problèmes internes. 
Il y a des étudiants qui sont logés à  Coyah, qui n’ont pas de parents ici. Nous voulons que les autorités de Sonfonia nous accompagnent. On a besoin de bus et d’augmentation de nos pécules… »

Pour sa part, le recteur a d’abord cherché à calanaliser les étudiants. Ensuite, il a promis de prendre en compte les revendications en interne et qu’il fera tout pour remonter au haut niveau les revendications externes des étudiants. 

« A cette occasion, je voudrais répondre à certaines de vos questions, à certains de vos soucis. Et leur application dépendra de vous et de nous. Quand vous  dites que les notes sont vendues, c’est inacceptable. La fierté d’une université, c’est d’abord les notes. Si ces notes ne collent pas à la réalité, je pense que cette université n’est pas digne de nom. La solution que je propose, c’est qu’à partir d’aujourd’hui, on va donner un même numéro à tous les étudiants. Celui qui se sent frustré par un professeur, vous appelez le numéro, vous verrez la réaction. Vos revendications de la fois dernière, il m’a été signifié que les professeurs viennent dispenser les cours pour 3 heures…Peut-être que nous ne communiquons pas, mais vous remarquerez ce qui va se passer…..Voilà un peu le message que je veux vous passer et je pense que si vous acceptez, on va trouver la solution aux problèmes que vous avez soulevés », a-t-il promis.
Au moment où on pensait que tout était rentré dans l’ordre, les étudiants sont sortis pour  bloquer le passage.

Quand nous quittions les lieux, les forces de sécurité étaient sur place et tentaient de calanaliser les étudiants en colère.

Christine Finda Kamano 

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