Les politiques à Kankan sur les 39 mois proposés par le CNRD : « c’est excessif, deux ans suffisent pour cette transition »

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Huit (8) mois après avoir renversé le Pr Alpha Condé du pouvoir, le président du CNRD, Colonel Mamadi Doumbouya a, dans une adresse à la nation le week-end dernier, proposé une durée de 39 mois de transition pour la Guinée. Une proposition diversement appréciée par la classe politique à Kankan, 2è plus grande agglomération du pays. 

Pour Sory Sanoh, ancien préfet de Nzérékoré et de Kérouané et membre du bureau politique national et de la coordination régionale de RPG, deux ans sont largement suffisants pour nettoyer et rendre les commandes du pays aux civils par le biais des élections :

« La durée qu’il a proposé c’est excessif, parce qu’une transition comme son nom l’indique c’est une petite étape de courte durée. S’il nous renvoi à 39 mois c’est un peu trop parce que la transition n’a pas besoin de donner la solution définitive à tous les maux du pays. Une transition pose des jalons, ceux qui viendront après peuvent démarrer leurs programmes à travers ces jalons. La durée est longue aussi parce que la Guinée n’est pas isolée, on est membre d’institution africaine et internationale, je pense que la CEDEAO n’acceptera pas les 39 mois. Pour moi en tant que citoyen, deux ans suffisent pour cette transition. » 

Une multitude interrogations se bouscule dans la tête du secrétaire fédéral de l’UFDG après cette proposition de 39 mois. Pour Antoine Dogbo Guilavogui, le train dans lequel le colonel Mamadi Doumbouya s’était embarqué à sa prise du pouvoir commence à dérailler de son chemin, il se demande d’ailleurs où va-t-on :

« Mamady Doumbouya est entrain de patauger tout, il est entrain de dévier de l’objectif pour lequel il est venu, je ne sais pas ce qu’il veut actuellement. Il veut se maintenir au pouvoir. Il s’est contredit lui-même, parce que dans la charte on dit que c’est la société civile, les partis politiques et le CNT qui doivent décider de la durée. C’est des petits partis politiques qu’il écoute aujourd’hui, alors que les deux grands partis reconnus sur le plan national et international ne sont pas associés, où on va monsieur Doumbouya ? Il a libéré ce pays, mais il est en train de se construire des montagnes devant lui-même. »

Soucieux du sort de la population, Sory Sanoh lance un vibrant appel au colonel Mamadi Doumbouya : « Je lance un appel au colonel Mamadi Doumbouya de ne pas exposer la Guinée à une sanction de la CEDEAO parce que c’est la population qui va en souffrir. En prenant le pouvoir, il a dit qu’il est venu pour que le bien être et le bonheur de la Guinée augmente, si dans cette action ce bonheur là ne viens pas mais ça amène d’autres situations difficiles pour la population, il ne doit pas accepter cela. »

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

+224  623 77 06 09                                            

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