Libération de la trentaine de détenus à Conakry : ce qu’en pensent les acteurs sociopolitiques, à Kankan

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Plusieurs détenus politiques incarcérés depuis 6 mois, suite aux violences postélectorales, ont été libérés le week-end dernier à Conakry. Ces libérations ont suscité diverses réactions chez les politiques dans la commune urbaine de Kankan, rapporte le correspondant de Mediaguinee.com dans la localité.

Ils sont une trentaine de détenus politiques à être libérés le vendredi dernier à Conakry suite à une ordonnance de non-lieu rendue par les juges. Au lendemain de ces libérations, Antoine Dogbo Guilavogui, le secrétaire fédéral de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) à Kankan regrette une détention qu’il qualifie d’arbitraire. « Je suis au regret de constater que dans un pays de démocratie on arrête les hommes comme si c’était des animaux, c’est vraiment grave. Nous les hommes politiques de l’opposition, nous n’avons pas la sécurité aujourd’hui, parce que regardez cette situation, des hommes passent six mois en prison, après on vient leur dire que c’est un non-lieu. Mais la justice guinéenne, où on va ? », a-t-il indiqué.

Quant à Lanciné Condé du Bloc Libéral (BL), il aurait voulu le jugement des prisonniers politiques afin d’incarcérer les coupables et indemniser les innocents.

« La libération de ces trente détenus n’a pas été une chose que j’ai appréciée. J’aurais voulu que ces personnes soient jugées et que les coupables répondent de leur forfaiture, et que ceux qui ont été accusés à tort soient blanchis et indemnisés. Ces gens sont libérés mais ils ne savent pas pourquoi on les avait arrêtés. Est-ce qu’ils ont vraiment été une menace pour le pays ou ils ont été accusés à tort ? », fait-il savoir.

Contrairement à ces deux opposants, le président des organisations de la société civile régionale de Kankan se  réjouit de cette libération.

« Je m’en réjouis fortement et cela va contribuer à l’apaisement de la situation en Guinée. Si depuis plus de six mois, des citoyens sont détenus et qu’enfin de compte la justice trouve qu’ils ne sont redevables de rien, c’est une première et je ne peux que m’en réjouir. », a déclaré Dr Louncény Chérif.

Avec ces libérations de détenus politiques, le régime de Conakry semble désormais opter pour la décrispation. Ce, après plusieurs mois de tension sur fond d’arrestation dans les rangs des opposants au 3ème mandat, estiment plusieurs observateurs. 

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

623 77 06 09

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