Littérature : dédicace des trois romans de Lonkassia

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L’écrivain guinéen Mohamed Lamine Kourouma dit « Lonkassia » a procédé hier vendredi 29 juillet 2022 à Lambanyi (Conakry), à la dédicace de trois œuvres littéraires. Ces œuvres intitulées Taali, les Yeux dans le miroir, Taali, les contes d’Afrique noire et le 3ème Taali, récits allégoriques et initiatiques, sont des livres inspirés par la poésie orale, les chants des aires et principalement la littérature orale dans lesquels l’auteur plaide pour une réhabilitation des langues africaines, tout en réaffirmant l’importance des traditions culturelles comme la circoncision, les chants initiative etc. 

Organisée sous le thème « Littérature sur Mer », cette cérémonie de dédicace a eu lieu dans une ambiance conviviale africaine au restaurant « Naralandé » de la plage de Lambagni, en présence des parents et amis venus soutenir l’auteur. À cette occasion, ce dernier a expliqué les raisons qui l’ont amené à se lancer dans l’écriture.

« A la base, ce qui me motive c’est l’écriture par nécessité, parce que les ouvrages que nous recevons chez nous sont parfois des ouvrages écrits par nous mais qui ne parlent pas forcément de nous. Moi je me suis dit, autant s’investir dans la littérature pour valoriser notre tradition parce que je parle beaucoup de littérature orale que je fais présenter comme le meilleur outil d’investigation qui va aussi mener à réhabiliter les langues africaines et à restaurer ses valeurs sociales. Donc dans le continu, je me suis intéressé aux valeurs morales comme la circoncision et l’excision, également tout ce qui est théâtre, tout ce qui est morale derrière les contes », a expliqué Mohamed Lamine Kourouma dit Lonkassia. 

Puis parlant du message véhiculé dans ces œuvres, Lonkassia insiste sur la restauration de la mémoire historique africaine.

« Les messages sont assez pointus, c’est l’appel à la restauration de la mémoire historique africaine, dire aux gens qu’on n’est pas des Blancs, on est simplement des Noirs. C’est vrai que j’utilise la langue française pour m’exprimer aujourd’hui ou pour écrire c’est bien dommage, ce n’était pas de mes intentions. Mais aujourd’hui il n’y a que le seul moyen en fait de pouvoir transmettre le message. Sinon je me suis investi dans le Nkô que j’écris, que je parle aussi couramment et j’ai fait usage de cette langue-là pour pouvoir transcrire certains verts qui sont écrits dans ces livres. Vouloir donc appeler les gens à se connecter avec eux-mêmes à ne pas s’égarer, c’est ce qui me motive », nous a-t-il confié.

Poursuivant son intervention, le jeune auteur est revenu sur certains facteurs qu’il estime être des solutions pour amener les Africains à ne pas s’égarer vis-à-vis de leur propre culture au profit d’autres. 

La culture guinéenne entre guillemets mais plutôt la culture africaine parce que partout en Afrique, on vit fondamentalement pareillement. Et moi je me suis dit qu’on part vraiment vers l’égarement. Le mieux serait d’investir dans la restauration de la conscience historique parce que qui sait qui il est, saura où aller simplement. Donc aucune nation du monde ne peut se développer dans la culture de l’autre. On essaye toujours de valoriser ce qu’on a, le peu qu’on a. Il n’y a qu’en Afrique qu’on s’égare », a-t-il souligné avant d’apporter des précisions sur les messages qu’il compte véhiculer à travers ses œuvres littéraires et poétiques.

Venue soutenir son jeune frère à sa dédicace, Boulbinet Bintou a exprimé ses encouragements à l’auteur. « Je suis venue assister à la dédicace des livres de mon jeune frère que j’ai porté au dos, je lui ai donné le biberon et autres choses. Donc je ne suis pas surprise de ce qu’il est aujourd’hui. Je vais dire c’est presque dans notre sang parce que ça n’a pas commencé par lui et ça ne va pas terminer par lui. Mon Papa a écrit, parmi mes cousins aussi, il y a d’autres aussi qui le font. Donc nous ne sommes pas surpris de ce qu’il a fait. Je le remercie bien et je l’encourage. Nous sommes vraiment très fiers de lui. Que Dieu lui donne longue vie dans la paix et dans la continuité de ses activités », dira-t-elle.

À noter que les trois œuvres littéraires ont été publiées respectivement en 2020, 2021 et 2022 aux éditions Panthéon et Harmattan France.

Maciré Camara  

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