Littérature : ”sous les griffes du destin”, un roman dédicacé par Mohamed Condé

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Nostalgique de son enfance bouleversante et émouvante dans le district Sangbaralla, à Kouroussa, l’auteur Mohamed Condé l’actuel, secrétaire général  du Ministère de l’Information et de la Communication, a dédicacé ce vendredi, 29 janvier à la RTG Koloma, son troisième roman paru aux éditions Harmattan-Guinée.

Cet auteur relate dans ce roman la vie d’un orphelin de mère dans un contexte socioculturel mandingue d’une part, le régime du parti unique et la difficile construction de la démocratie guinéenne, après la prise du pouvoir par l’armée en 1984.

Cet ouvrage autobiographique de 142 pages, repartit en quinze chapitres, explique de manière succincte une partie de la description de l’histoire récente de la Guinée moderne. En dédiant ce livre à la mémoire de sa grand-mère ‘’Hawa-Maraba Kourouma et son ami Mamady Saiba Diawara’’, Mohamed Condé éprouve avec fascination son amour à sa grand-mère, qui voulait faire de lui un homme à la particularité exceptionnelle.

« Sous les griffes du destin » est aussi un roman de témoignages, de récits, l’histoire récente de la Guinée, le plaisir à enseigner et bien entendu le parcours administratif remarquable de l’auteur.
En présentant cet après-midi son roman, l’auteur Mohamed Condé a précisé : « Ce roman parle de la vie d’un orphelin qui a traversé les 40 dernières années de la vie de notre pays. Il s’agit d’un orphelin qui a été élevé à la tendresse de sa grand-mère, conformément à la tradition africaine et la tradition mandingue, mais qui par la suite a été fortement secoué par la sévérité de son père, qui voulait lui insuffler un type de comportement fondé sur le don du sois à la population et à son pays et le rejet de toute sorte de vie à caractère matériel et au profit de la vie morale », dit-il, avant d’ajouter :

 « c’est un livre qui s’adresse à la jeunesse pour dire aux enfants, aux jeunes de préférer la vie morale qu’à la vie facile », a indiqué le secrétaire général du Ministère de l’information et de la communication.

Pour illustrer son travail minutieusement élaboré, Mohamed Condé a scindé son ouvrage en trois grande partie : la première composée de chapitre 1, 2,3. Le chapitre 1 évoque sa tendre enfance dans le district de Sangbaralla-Hamana, le deuxième est intitulé ‘’l’initiation’’ et le troisième nous parle de la ‘’ maladie’’.

« Comme le voulait la coutume, je passais la nuit dans la case de ma grand-mère. Elle m’avait raconté que je vivais à ses côtés depuis le décès de ma mère, peu de temps après ma naissance», le souligne dans un passage au 1er chapitre.

La deuxième partie est structurée par les chapitres : 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11. Le 4ème nous parle de son séjour au sud du pays, la capitale de la Guinée forestière (N’Zérékoré), le 5ème , l’auteur Mohamed Condé nous invite à lire ses vacances alternées à Morignoumaya-Gbérédou, le 6ème est  le vieux Lamina, le 7ème  enseignant par vocation, le 8ème l’appel de Dieu, le 9ème la déchirure, le 10ème  la Guinée nouvelle, l’auteur met en exergue  son retour au pays après des années d’étude de journalisme en France, où le Comité militaire de redressement national (CMRN) avait pris le pouvoir à la mort du premier président de la Guinée, le 11ème  est celui de la conspiration.
« Zainoul Abidine Sanoussy, nouveau ministre de l’Information et de la Culture, fit appel à moi dans son cabinet pour consultation. Nous nous connaissons très bien. Cet éminent professeur d’histoire m’avait enseigné pendant deux ans à l’Institut polytechnique de Kankan. Pour quel motif, as-tu tenu à revenir ? Je ne sais pas si je pourrais vivre longtemps loin de ma Guinée natale », rappelle t-il au chapitre 10 du roman.

La troisième partie, présente avec amertumes, les agitations sociopolitiques du pays quelques années avant la mort du président Conté et l’essor que prenait  l’agence de presse, l’actuel secrétaire général  du département de l’Information et de la Communication, situe cet épisode en quatre chapitres distinctes.  Le 12, 13, 14 et le  dernier et 15ème.

Le 12ème chapitre est baptisé ‘’et la vie continue’’, le 13ème ‘’ et le roseau plia’’, le 14ème ‘’ et une nouvelle vie commençait et le 15ème et dernier est ‘’ l’évacuation’’ qui met en lumière la période fatidique de la gouvernance du Président Lansana Conté d’où la cohabitation difficile entre le premier ministre Cellou Dalein Diallo et Fodé Bangoura, ministres des affaires présidentielles, qui entretenaient le bicéphalisme au sommet de l’Etat.

« Les revendications de toutes sortes avaient entrainé la Guinée dans une véritable zone de turbulence. Des mouvements et groupements politiques constitués parfois avec la bénédiction des puissances étrangères camouflées derrières les ONG mobilisaient des foules autours de slogans variant avec les contextes » a souligné Mohamed Condé au chapitre 13 à la page 115.

Né en 1950 à Kankan, l’auteur à la fois acteur et témoin a tour à tour retracé l’histoire contemporaine de la Guinée,  tout en décryptant la construction du système d’information nationale, depuis la « la voix de la révolution, à l’âge d’or du journal Horoya  jusqu’à l’arrivée au Ministère de l’Information et de la Communication du ministre Issa Condé en 2008 en remplacement de Justin Morel Junior. Ce qui occasionnera sa mise pied par un décret proposé par le premier ministre Ahmed Tidiane Souaré qui avait entretemps remplacé Lansana kouyaté à la Primature.

Amara Touré

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