Lola : les autorités sanitaires font face à une maladie diarrhéique assimilée au choléra

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Une maladie diarrhéique sévit depuis le 31 octobre 2020 dans la sous-préfecture de Guéasso située à 63 kilomètres de la commune urbaine de Lola, à la frontière ivoirienne. Cette localité sur le territoire national est l’une des plus enclavées du pays. Pire, le manque de points d’eau potable y est un véritable casse-tête.

Joint au téléphone par Mediaguinee ce mercredi 09 décembre 2020, Docteur Matho Tokpa Doré chef de section prévention et lutte contre la maladie à la direction préfectorale de la santé de Lola, dira : « On était à Guéasso hier (mardi 08 décembre ndlr) précisément à Morissimandou où le Reco avait dit qu’il a enregistré certains cas de diarrhée. Nous sommes allés, on n’a pas trouvé un malade mais on a trouvé des personnes qui déclarent faire la diarrhée il y a de cela deux semaines. On a vu trois personnes parmi ces gens-là. On pouvait ressentir qu’ils étaient malades dans un passé récent et on a demandé qu’on puisse prélever les selles qu’on puisse regarder (analyser au laboratoire ndlr). Le chef du centre de santé de Guéasso va déposer le prélèvement des selles. Mais comme on le dit, quand on déclare le cas de diarrhée, ça donne l’impression que nous avons à faire à des cas de choléra ou autre.

Mais les cas de diarrhée dont il s’agit ne sont pas dus aux parasites ou au palu. Nous n’avons pas vu des cas de grande diarrhée. Ce ne sont pas des maladies contagieuses qu’on pouvait craindre. La preuve est que, si c’était contagieux, vous allez voir dans une famille certaines personnes sont atteintes mais il y a autant de malades dans les ménages qui ne sont même pas des voisins.

 Pour le moment à Guéasso ville, il n’y a pas de malades. Ceux déclarés dans ces derniers jours ne présentent les mêmes symptômes qu’au début de la diarrhée le 31octobre, le 1er novembre et le 3 novembre. Il y a eu un cas de diarrhée sur plusieurs personnes à Guéasso et toutes ces personnes avaient un point commun, ils avaient mangé la patte de poulet braisé mal conservé. C’était une intoxication alimentaire collective et on a investigué et tous ceux qui se plaignaient ont été pris en charge au centre de santé. Ce n’est pas la même situation de ce qu’ils ont signalé dans ces deux jours.

Lorsqu’on a appris, nous avons cru au pire parce que Lola a souvent des cas de choléra. »

La  cause de cette diarrhée, selon docteur Doré « Nous avons été à Morissimandou, il faut reconnaitre qu’il y a trois sources d’eau utilisée par la population qui fait 750 habitants. Il y a un seul forage dans le village et tout le ménage que nous avons visité déclare utiliser à la fois l’eau du fleuve, l’eau des puits non protégés et l’eau du forage en fonction de l’occasion. »

Joint au téléphone, Madjou Touré directeur sous-préfectoral de la santé  et chef du centre de Guéasso, a laissé entendre « La diarrhée a fait son apparition à la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre dans la commune  rurale de Guéasso. Depuis le début, nous avons recensé à Guéasso centre 47 personnes, Gono Samoukadou une personne et Morissimandou 16 cas ont été enregistré. Aujourd’hui nous sommes à une soixantaine de cas dans la sous-préfecture   de Guéasso et aucun cas de perte en vies humaines n’a été enregistré pour le moment dans la sous-préfecture. »

Avant de dire que cette maladie est due à la qualité de l’eau que boit la population de cette localité de la sous-préfecture de Guéasso.

Le nombre de forage dans la sous-préfecture de Guéasso est nettement insuffisant. Conséquence, la plupart des habitants s’approvisionnent en eau dans les puits, les marigots et fleuves… ce qui constitue une réelle menace pour la santé humaine.

Aminata Condé, correspondante à Lola

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