L’opposant Faya, fictif depuis 25 ans : ‘’j’ai pris un avocat pour savoir qui prenait mon salaire’’

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Depuis 25 ans, Faya Lansana Millimouno, leader du Bloc libéral (BL) est inscrit sur la liste des fonctionnaires guinéens qui perçoivent mensuellement leurs salaires alors qu’il a cessé tout travail dans l’administration guinéenne. Ce Faya est bien l’opposant guinéen. Sauf que cette fois-ci, le concerné qui ne nie pas qu’il a bien a été homologué en 1988 avance tout de même avoir cessé de prendre son salaire en 1995 alors qu’il était en formation au Canada. Et depuis, dit-il, il n’a touché à aucun kopeck de l’Etat guinéen. Et, ajoute-t-il, on lui a signifié en 1995 que son salaire avait été coupé. Malgré toutes les démarches, souligne-t-il, il ne sera pas rétabli dans ses “droits”. Il prendra donc le chemin de Washington pour un job à la Banque mondiale. Depuis les Etats-Unis où il se trouve en ce moment, Faya Lansana Millimouno a donné sa version des faits…

‘’C’est pour moi aussi une information intéressante. Le bémol est que les journalistes en Guinée ne recoupent pas l’information avant de publier les articles, c’est pourquoi ça ne donne pas de bonnes perspectives, ça apparaît souvent comme on prête des intentions aux gens.

Pour la petite histoire : je suis ancien élève de l’école normale supérieure de Manéah où j’ai été homologué en 1988. J’ai donc enseigné à l’école normale supérieure de Manéah de 1988 à 1993. Entre temps, l’école normale supérieure de Manéah va devenir institut supérieur des sciences d’éducation de Guinée (ISSEG). Alors en 1993, je suis l’un des récipiendaires des bourses d’excellence de la francophonie au Canada. Alors en vertu du régime des congés spécifiques aux titulaires des emplois de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, durant le congé de perfectionnement, on est bénéficiaire de son salaire indiciaire durant la période de formation. Donc la formation qui devrait s’étendre de 1993-1999, je devrais bénéficier de mon salaire comme tous les autres boursiers d’ailleurs. Mais 1995, on me signifie qu’on n’a coupé mon salaire, ce qui était discriminatoire parce que les autres boursiers percevaient leurs salaires. J’ai fait les démarches à l’époque, les ministres qui étaient là, sont encore vivants, vous pouvez le vérifier avec eux. Baniré Diallo était le ministre, un certain Kourouma qui a été récemment le recteur de l’université de Sonfonia était son conseiller, c’est d’ailleurs eux qui ont été mes interlocuteurs. Alors ils m’ont expliqué par des arguments très fallacieux qu’ils ont coupé mon salaire sous prétexte que si je finis mes études dont j’étais encore à trois ans de la fin de mes études que j’aurais l’intention de ne pas rentrer en Guinée. Ce qui était une façon de prêter l’intention. J’avais beaucoup plus à faire de continuer mes études que de discuter avec eux parce que de toutes les façons c’est par discrimination ils avaient coupé mon salaire. Alors je continue mes études, je les termine en janvier 1999. Il faut bien comprendre qu’il y avait déjà rupture de contrat entre l’Etat guinéen et moi pour avoir coupé mon salaire alors que j’étais en congé de perfectionnement. Donc je finis mes études, j’obtiens une offre pour aller à Washington comme consultant en éducation à la banque mondiale, alors je prends le poste, c’est comme ça je fais mon détour aux Etats-Unis avec ma famille pour ne rentrer en Guinée qu’en 2010.

En 2011, certains des collègues à moi notamment un certain Dr Bayo, je suis allé lui faire l’offre de dispenser gratuitement les cours, parce que pour moi mon salaire est coupé je ne suis plus fonctionnaire. Je lui offre donc de dispenser des cours gratuitement, il dit : “vous savez, vous êtes dans l’opposition, etc.”

Alors ce que je comprends à travers cet article, c’est que peut-être que mon salaire continuait à leur être versé durant toutes ces années. Et donc acceptez que je parte dispenser les cours là-bas même si c’est gratuitement, peut-être ça permettrait ou me donnerait l’opportunité de comprendre que quelqu’un continue encore de percevoir mon salaire. Parce qu’il apparaît clairement que c’est encore au nom de l’ISSEG que je suis inscris. Donc aussitôt l’information obtenue, j’ai appelé mon avocat qui engage une procédure visant à identifier, à retracer la personne ou les personnes qui ont touché mon salaire pendant toutes ces années, depuis 1995 jusqu’à maintenant, ça fait 25 ans. Alors pendant les 25 ans, on peut me dire si l’administration guinéenne vaut quelque chose, qui prenait mon salaire ? Ou cette personne devrait être en train de signer ou dans quel compte on versait. Parce que je veux que cet argent avec son intérêt soit retourné au trésor public. Ça c’est le premier objectif que la démarche de mon avocat vise. Le deuxième objectif, il faut que les personnes qui ont été à l’origine de ça et qui ont perçu le salaire soient poursuivis parce que c’est un vol. Non seulement c’est un vol mais c’est un vol qui a aussi d’autres implications le fait de continuer à laisser croire que moi Faya Millimouno, je continue de toucher un salaire, ce qui n’est pas le cas depuis 1995. Et donc ceux-là seront poursuivis, il est clair que c’est un vol. Donc cette démarche-là elle sera engagée avant la fin de cette semaine par mon avocat”.

Elisa Camara

+224 654 95 73 22

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