Macenta/Antoine Béavogui enfin libre : ‘’j’ai été arrêté à N’zérékoré par un policier”

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Antoine Béavogui, leader de la génération consciente de la Macenta, ville au sud du pays, a été kidnappé dans la soirée du 3 septembre suite à une violente manifestation contre le manque d’infrastructures qui a plongé la ville de Ziama dans le chaos. Depuis plus de 3 jours, il était resté sans nouvelle. 

C’est dans la ville de N’zérékoré, chef-lieu de la Guinée forestière qu’il a été arrêté avant d’être déporté à Kankan, 2è ville de Guinée, où il sera libéré plus tard.

Fraîchement rentré dans sa ville de Macenta, Antoine Béavogui a été joint au téléphone par notre rédaction. Sur la circonstance de sa mésaventure, le jeune leader raconte :

“J’ai reçu un appel d’un ami qui m’a demandé de quitter la ville, que je suis recherché par les services de sécurité, que je suis la personne la plus ciblée.

 

Quelques heures après, je me suis levé pour partir à l’hôpital dans l’intention de saluer les blessés, j’ai reçu aussi l’appel d’un grand-frère qui m’a dit de retourner à la maison et de changer de lieu où je passe la nuit.  Qu’il aurait aussi appris depuis Conakry que des gens sont à ma recherche.

J’ai un ami, un officier que j’ai appelé et je lui ai demandé où il est, il m’a dit de le trouver au deuxième bureau où on a l’habitude de se recréer. Mais arrivé là-bas, j’ai vu beaucoup de nouvelles figures. Et ma tête n’a pas pris, je lui ai donné un big up et j’ai quitté. Mais quand j’ai traversé la route, j’ai vu un pickup blanc. Mais, comme il y avait trop d’appels de mes amis et frères, finalement j’ai décidé de partir à N’zérékoré. Arrivé encore à la gare, j’ai aperçu le même pick up. Nous, on a bougé et je n’ai plus vu la voiture. Quand nous sommes rentrés, moi j’ai pris un taxi moto parce que je devrais loger à Gbangana chez mon ami. C’est au niveau du Lycée Alpha Yaya Diallo qu’un policier nous a demandé de nous arrêter. Dans les échanges, il m’a mis quelque chose, je ne me suis plus retrouvé sauf à Kankan où ils m’ont envoyé. Parmi les 3 personnes qui m’ont arrêté, un avait l’accent ivoirien. Ils m’ont demandé qui est derrière ce mouvement sur fond de menaces ? Je leur ai répondu que notre lutte est citoyenne. Ils ont dit que si on n’a pas d’autres moyens de se faire entendre. Je leur ai dit que nous sommes passés par un mémo qui n’a pas été pris en compte, qui est notre seul moyen.

C’est le lendemain, ils ont décidé de me libérer. Que c’était sur ordre du patron. C’est ainsi ils ont pris le véhicule et m’ont déposé à quelques kilomètres de la ville, un endroit que je ne connais même pas. Ils ont remis mon téléphone qu’il détenait. Voilà comment ça s’est passé”.

Antoine Béavogui e a donc regagné Macenta, ce mercredi matin.

Amara Souza soumaoro, correspondant à N’zérékoré

 

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