Macky Sall sur les sanctions contre la Guinée : « nous notons un peu de difficultés sur l’agenda, nous n’avons pas de visibilité »

Lors du sommet extraordinaire tenu en marge de l’Assemblée générale de l’organisation des Nations unies (ONU), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pris des sanctions contre des membres du CNRD [comité national du rassemblement pour le développement], du gouvernement guinéen et des hommes d’affaires.

« J’espère que le retour du médiateur devra permettre avec les autorités de la transition de faire avancer l’agenda parce que l’idéal pour la CEDEAO, ce n’est pas de faire des sanctions contre un État membre mais, c’est de travailler à, vraiment accompagner ces moments difficiles pour l’Afrique de l’Ouest confrontée justement à ces coups d’État répétitifs »


Dans un entretien qu’il accordé à VOA Afrique, Macky Sall, le président du Sénégal est revenu sur les motifs des sanctions prises contre la Guinée.
Selon le président en exercice de l’Union africaine, c’est le manque de visibilité sur le déroulement de la transition guinéenne qui a conduit les États membres de l’institution sous-régionale à sévir contre la Guinée.
« Ce sommet extraordinaire avait été convoqué par le président en exercice [de la Cedeao Umaro Sissoco Embaló] autour de deux sujets. La Guinée et le Mali. Le Mali, non pas pour sa transition mais, pour la question des 46 soldats encore retenus au Mali. Et la Guinée par rapport au manque d’avancement sur le processus de transition. Nous avions déjà lors de notre dernier sommet ordinaire décidé de désigner un nouveau médiateur en la personne du président Yayi Boni, ancien président du Bénin qui s’est rendu à deux reprises en Guinée, qui a rencontré les autorités de transition, les partis politiques. Mais, nous notons un peu de difficultés sur l’agenda. Nous n’avons pas de visibilité. La raison pour laquelle le sommet d’hier [jeudi, 22 septembre 2022] a tenu à ce que des sanctions soient prises si il n’y a pas d’évolution. Là, c’est le principe de sanctions qui est activé », a expliqué le président sénégalais.

Toutefois, Macky Sall espère que la troisième visite du médiateur de la CEDEAO dans la crise guinéenne permettra de faire bouger les lignes parce que selon lui, l’objectif n’est pas de sanctionner un État membre mais plutôt de l’accompagner dans les moments difficiles.
« J’espère que le retour du médiateur devra permettre avec les autorités de la transition de faire avancer l’agenda parce que l’idéal pour la CEDEAO, c’est pas de faire des sanctions contre un État membre mais, c’est de travailler à, vraiment accompagner ces moments difficiles pour l’Afrique de l’Ouest confrontée justement à ces coups d’État répétitifs », a déclaré Macky Sall avant de souligner finalement : « nous ne voulons plus de coups d’État, d’interruption de cette nature dans le processus démocratique au sein de l’espace CEDEAO ».

Sadjo Bah

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