Mali: finalités de la remise en cause de la préférence française au profil de la Russie (Youssouf Sylla)

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C’est du moins ce qui se dégage de l’état actuel des relations franco maliennes, avec le recours des autorités maliennes au groupe Wagner. Une entreprise militaire privée russe proche de Kremlin et présente sur de nombreux terrains de conflits armés: Syrie, Libye, Centrafrique, et bientôt au Mali.

En reponse à la montée en puissance d’un sentiment antifrançais au Mali et à la réduction du dispositif militaire français Barkhane, le Mali s’engage à conclure un accord en matière de sécurité avec le groupe russe Wagner. Tout comme en Centrafrique, les russes remplacent de plus en plus les français en Afrique francophone sur le terrain sécuritaire. Un changement de cap qui ne laisse pas indifférents les européens, les français en-tête, et l’ONU. En effet, l’Afrique, à cause de ses richesses et de sa position géostratégique, est clairement un endroit où se jouent les rivalités entre les grandes puissances.

Au Mali, si un accord est signé avec Wagner, il va falloir aux autorités franco maliennes de définir le périmètre d’intervention du Wagner et des forces armées françaises présentes dans la région sahelo saharienne dont le Mali fait partie à travers deux dispositifs: Barkhane qui a été réduit et non éliminé et la Task Force européenne « Takuba » dont la France assure le leaderschip.

Au-delà de cet impératif pratico pratique, il convient de se demander si du point de vue de l’indépendance des Etats africains qui remplacent l’influence francaise par celle de la Russie, la situation ne revient pas à la même chose: la substitution d’une puissance protectrice par une autre sans accroissement des marges de manœuvre des Etats africains sur leur propre destin?

Un autre enjeu à ne pas perdre de vue, est que toutes ces puissances ont un agenda précis en Afrique, alors que les Etats africains n’ont jamais réussi à avoir une politique extérieure commune vis à vis de ces puissances, qui en arrière-plan, ne sont intéressées que par ses richesses.

Bref, face à la diversification de son partenariat avec les puissances étrangères, il est temps pour l’Afrique de se donner la capacité de construire des positions communes pour relever ses défis sécuritaires, économiques et mêmes politiques. Les approches individuelles étant largement limitées.

Youssouf Sylla

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