Mali : la France et l’UE affirment leur soutien aux sanctions ouest-africaines contre la junte

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La France et l’Union européenne soutiennent les «sanctions inédites» prises dimanche par les dirigeants ouest-africains contre la junte au pouvoir au Mali, a déclaré mardi 11 janvier le président Emmanuel Macron, en laissant entrevoir de nouvelles sanctions européennes.

«Nous soutenons» la «position très claire et ferme» prise par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), «qui marque la condamnation profonde des dérives de la junte militaire que la France avait à plusieurs reprises dénoncées», a déclaré le chef de l’État français. «Nous sommes totalement solidaires de la région et de la position très courageuse et claire qui a été exprimée dimanche», a-t-il insisté au cours d’une conférence de presse avec le président du Conseil européen Charles Michel à l’Élysée.

De possibles sanctions européennes

Emmanuel Macron a précisé que les Européens se préparaient à renforcer à leur tour leurs sanctions. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient en discuter lors de leur réunion informelle prévue à Brest, dans l’ouest de la France, cette semaine. Et «d’ici à la fin du mois il y aura une réunion formelle pour que l’UE et l’ensemble des pays qui la composent puissent accompagner cette décision de sanctions», selon lui.

Réunis dimanche à Accra, les dirigeants ouest-africains ont décidé de fermer les frontières avec le Mali et de mettre le pays sous embargo, ce qui a suscité une vive réaction lundi des militaires au pouvoir à Bamako, qui ont rappelé leurs ambassadeurs. Ces mesures sanctionnent notamment la promesse non tenue des colonels d’organiser le 27 février des élections présidentielle et législatives. Depuis le premier putsch d’août 2020, conforté par celui de mai 2021 intronisant le colonel Assimi Goïta comme président de «transition», la Cédéao pousse au retour des civils dans les meilleurs délais.

La junte a appelé mardi les Maliens à manifester vendredi contre ces sanctions, tout en se disant ouverte au dialogue. Par ailleurs, la situation malienne doit être discutée mardi lors d’une réunion régulière du Conseil de sécurité de l’ONU. Emmanuel Macron a insisté sur «la coopération inédite» des pays de l’UE avec les pays sahéliens et la communauté internationale pour lutter contre les groupes jihadistes actifs dans la vaste région désertique. «Nous allons continuer» à «européaniser notre approche» et à la «régionaliser», ce que confirmeront «les décisions des prochaines semaines», a-t-il affirmé. Le président français avait annulé en décembre le déplacement qu’il devait effectuer au Mali pour rencontrer le président de la transition et célébrer Noël avec les troupes françaises, avançant officiellement la crise du Covid-19.

Au terme de près de neuf ans de présence au Sahel, la France a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus au nord du Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de 5000 actuellement, à 2500/3000 d’ici 2023. Parallèlement, Paris a cherché à dissuader Bamako de faire appel aux services du groupe paramilitaire russe Wagner, considéré comme proche du Kremlin, ce que dément Moscou. De plus en plus nombreux, des instructeurs russes ont été déployés ces dernières semaines, notamment à Tombouctou, selon des responsables militaires maliens.

AFP

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