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Mamady, frère de dame Tounkara : ‘’pourquoi tuer ta femme alors que tu peux la déposer dans sa famille ?’’  

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Dame Fatoumata Tounkara qui aurait été tuée par son mari dans sa chambre conjugale à Yimbaya, dans la commune de Matoto, a rejoint sa dernière demeure mardi après la prière de 14h. Dans la famille de la défunte, c’est la tristesse et la consternation qui se lisent sur les visages. Retenant à peine ses larmes, le frère de Fatoumata Tounkara, Mamady a accepté de témoigner. Émouvant…

Mediaguinee : Bonsoir Monsieur, la mort de votre petite sœur a suscité l’émoi au sein de l’opinion. Parlez-nous des circonstances de sa mort et comment avez-vous appris cette triste nouvelle ?

Mamady Tounkara : La maman m’a appelé dimanche [dernier] pour me dire :  »viens vite chez ta sœur, elle a rendu l’âme, elle est couchée ici. J’étais bouleversé. Sur le coup, j’ai emprunté un taxi-moto pour me rendre chez elle [Yimbaya]. Je suis parti trouver ma petite sœur dans un état critique, décourageant. Pour quelqu’un qui se dit croyant ou pratiquant d’une religion quelconque ne peut pas faire un truc pareil.

Beaucoup d’internautes et d’autres personnes qui ont côtoyé votre sœur ne cessent de parler de sa gentillesse et son sens de l’humour. Que retenez-vous essentiellement de votre sœur ?

Je dirai que ma sœur occupait une place que certains hommes ne peuvent occuper. Parce que la responsabilité n’est pas liée seulement au matériel mais, c’est une personne qui aime la solidarité. Quand il y a querelle entre vous, quand ça ne va pas, elle soutient tout le monde, elle adore tout le monde. Actuellement, elle n’est pas là, c’est ma sœur. Je ne peux pas dire de la défendre parce que c’est ma sœur, pas du tout. Ce que je dis, c’est la franche vérité, il y avait une grande confiance entre nous, même si c’était ma petite sœur elle était comme une copine. Moi, je suis l’homonyme de mon grand-père maternel et elle ma grand-mère, ce qui fait qu’il y a un lien très fort entre nous. Quand elle vient à la maison ici, elle m’appelle :  »viens m’accompagner » et je partais tout de suite.

Vous étiez l’une des personnes les plus proches de votre sœur, vous étiez même son confident. Ne vous a-t-elle pas dit un jour que son mari la battait dans son foyer ?

On n’a pas constaté de querelle entre elle et son mari. En tous cas pas moi. Je n’ai pas été informé ni par elle ni par son mari. Donc, personne ne m’a informé. Ils n’ont jamais dit que ça ne vas pas dans le couple, pas dit tout. Vous savez que dans un couple, quelle qu’en soit la timidité, l’humour, il y aura des disputes. Mais, ces disputes-là n’arrivaient pas jusqu’à ce point. C’était juste un malentendu et c’est fini. Ce sont les deux mêmes qui s’arrangeaient entre eux là-bas parce que, ça ne venait jamais dans la famille.

Vous n’arrêtez pas de retenir vos larmes…

Ce jour, j’étais sur les lieux du crime, l’état dans lequel se trouvait ma sœur, allongée sur le lit était critique. Étant son grand-frère de même lait, je n’arrivais même pas à reconnaître ma sœur, j’étais bouleversé et difficilement j’arrivais à me tenir sur mes pieds.

Après des jours de cavale, le présumé assassin de votre sœur, son mari de surcroît, est arrêté. Comment la nouvelle a été accueillie dans la famille ?

La famille se réjouit de son arrestation parce que la manière dont le scénario s’est produit, la manière dont l’acte a été fait c’est inhumain. Lorqu’on a été informés du décès de notre sœur, personne ne pouvait rester sans bouger. Ce n’est pas nous seulement, vous savez quand on dit en Afrique une famille, c’est large. Tous les ressortissants de notre village [Bakonko cisséla] sont choqués de l’acte. Il y en a même certains qui disent qu’il faut (il n’achève pas la phrase) mais nous ne pouvons rien faire et c’est pour cela on dit l’État. Parce qu’il est plus fort que tout le monde.

Selon les premières informations, la jalousie serait la cause de cet acte ignoble, vous y croyez ?

Ce n’est pas une affaire de jalousie, chaque être humain est jaloux. Mais, la jalousie jusqu’à ôter la vie de quelqu’un, ça ce n’est pas de la jalousie. Je peux dire que la personne avait d’autres idées dans la tête et cela dépend de son imagination. Si tu ne te comprends pas avec une personne que tu as prise dans une famille, dépose-la tranquillement. Ce n’est pas la fin du monde et tu peux te remarier à une autre. C’est comme si vous détruisez un pilier de l’étage, je me demande si l’étage sera stable. On dirait que le monsieur a enlevé une partie de ma vie, je veux parler de mon existence. Elle ne me donnait rien mais la manière dont elle m’encourageait, elle me conseillait…Notre dernière parole c’est quand je l’ai appelée, elle m’a demandé : ‘’grand-frère, tu pries ?  »J’ai dit : Oui mais regarde mon âge. Elle a dit :  » ah grand frère, il faut prier dhè, la prière est très bonne ». Elle m’a dit :  »quand tu as des problèmes, il faut implorer la grâce de Dieu parce que c’est lui seul qui peut t’aider pour t’en sortir. C’est ce jour qui a marqué notre dernière parole.

Depuis le meurtre de votre sœur, quelle a été la réaction de votre belle-famille ?

Vous savez que quand tu commets un crime, tes réactions peuvent prouver à la victime que tu as fait une erreur. On est là actuellement, je ne suis haineux envers personne mais plutôt je dis la vérité. Quand je fais une erreur, je m’approche de la personne pour demander pardon. Mais, si chacun reste dans son camp pour dire que ce que Mory a fait est honteux, ce n’est pas bien. Il faut s’approcher de la famille de la défunte.

Entretien réalisé par Mohamed Cissé

+224 623-33-83-57

 

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