Mamou : la Deutsche Welle sensibilise les jeunes sur les méfaits de l’immigration…

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Samedi 14 juillet, la Deutsche Welle en partenariat avec Bolivar fm a organisé un grand débat public à la maison des jeunes de Mamou sous le thème “Quel avenir pour les jeunes ?” dans le cadre du projet “77% nous les jeunes d’Afrique”.

Cette initiative vise à discuter de sujets préoccupants et urgents comme l’emploi, les ressources financières, chercher des exemples positifs et réfléchir à la façon de trouver des alternatives à la migration tout en invitant les jeunes guinéens à s’interroger sur leur avenir.

Étaient présents à cette cérémonie, plusieurs responsables politiques dont le ministre de la Jeunesse Mouctar Diallo, des entrepreneurs, des activistes de la société civile. L’occasion a été mise à profit pour échanger sur des sujets liés à l’émancipation des jeunes et de toute la société, en leur donnant la possibilité de se faire entendre.

“On peut rester en Guinée ici et réussir. Les jeunes sont souvent victimes. C’est-à-dire il ya aujourd’hui des passeurs qui font leurs business sur les enfants qui font croire aux enfants que pour réussir il faut aller en Occident. Or en Occident, il y a beaucoup de Guinéens qui  souffrent qui n’ont même pas à manger. Est ce que vous savez cela ? Alors je vais vous dire que moi j’ai été en occident, j’ai fait presque tous les pays occidentaux, je vous dis chers frères et sœurs, chers tantes et oncles, je vous dis ici et je le dis en tant que témoin, quelqu’un qui a vécu cela. J’ai vu en Belgique, dans beaucoup de pays occidentaux des Guinéens qui ont été ici qui sont là-bas qui souffrent plus que vous qui êtes là. Et je vous dis encore chers frères et sœurs, il n’est pas dit forcément quand on va en occident qu’on sera plus heureux qu’ici,ce n’est pas vrai. Il y a des Guinéens ici qui ont réussi plus que ceux qui se trouvent à l’étranger. Il y a beaucoup de faux investissements faits par des parents qui donnent de l’argent à leurs enfants pour partir en occident pour aller en Libye, au Maroc pour prendre des bateaux. Il faut qu’on vous le dise que cela est une erreur. Vous êtes entrain de tromper vos enfants. Cet argent là, les 5000 euros peuvent permettre à vos enfants de commencer ici une activité génératrice de revenus et de réussir en Guinée ici sans être obligés de partir. Je vous dis que la réussite ne dépend pas forcément de l’occident. Bon c’est vrai que le gouvernement doit se battre pour créer toutes les conditions nécessaires de réussite pour les jeunes guinéens. Mais aussi c’est la responsabilité des parents, des jeunes, du gouvernement et de la société de se donner la main pour travailler et réussir ici en Guinée. Et ceux qui sont à l’extérieur qui souffrent peuvent revenir et l’OIM d’ailleurs facilite le retour de ces immigrés en leur donnant des subventions”, affirme le ministre de la Jeunesse dans une salle archicomble.

Mohamed Dougouno, chef du bureau OIM à Mamou, a étayé les facteurs qui poussent les jeunes à l’immigration tout en évoquant la mission de l’OIM (organisation internationale pour la migration).

“Aujourd’hui, la question de la migration est une question centrale. Et généralement le lien est vite fait entre la jeunesse et migration. Car ce sont les jeunes qui migrent de plus. Ils migrent parce qu’il n’y a pas d’emploi, il n’y a pas d’opportunités, il n’y a pas que ces considérations-là, il y a aussi d’autres aspects qui comptent dans la mobilité des jeunes. Il y a par exemple les effets des réseaux sociaux, car les photos publiées sont de nature à inciter beaucoup de personnes à partir. Depuis 2005, l’OIM est en Guinée, on finance des projets non seulement pour aider les migrants qui étaient en Europe, on les assiste, on finance des activités génératrices de revenus. En plus de ces projets qui sont destinés aux migrants de retour, on a aussi d’autres activités pour essayer de faciliter l’insertion des jeunes qui sont considérés comme des potentiels migrants. On a fait des financement dans le passé, des programmes d’aide à l’emploi des jeunes dans toutes les régions de la Guinée. Et Mamou a pu bénéficier des activités de ces projets-là. En finançant des activités génératrices de revenus, nous pensons que de cette manière on peut avoir un impact sur la vie des jeunes et à la longue avec d’autres activités que l’État va mettre en œuvre on pourrait sur une échelle étalée sur le temps essayer d’éradiquer ce fléau” a-t-il précisé.

Il faut noter que cette cérémonie n’a connu la présence d’aucune autorité locale de la région de Mamou. Elle a pris fin par la prestation des artistes qui, eux aussi, ont livré des messages de sensibilisation à l’endroit des jeunes décidés à partir.

Aïssata Camara, correspondante à Mamou

+224655291305

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