Marché de banane de Bamako : plus de 100 commerçants guinéens menacés de déguerpissement

Print Friendly, PDF & Email

Installés il y a plus de 60 ans au marché de banane de Bamako (‘’Namassa daga’’ en langue locale), nombreux sont les Guinéens qui pratiquent le commerce de bananes importées de la Côte d’Ivoire ou de la Guinée. Ces derniers font face aujourd’hui à d’énormes difficultés liées à la pandémie de covid-19. Ils sont menacés aussi de déguerpissement par les autorités maliennes.

 Mediaguinee les a rencontrés ce mercredi 30 décembre 2020. Kabinet Kaba, le porte-parole de l’association, fait part de leur inquiétude et demande humblement à l’Etat guinéen de leur venir au secours. « Nous sommes là depuis 1950. Nous pratiquons ce commerce avant que le Mali ne soit indépendant. Après l’indépendance du Mali, c’est le président Modibo Keïta qui a offert cette place aux gens pour vendre les bananes, car à l’époque, on embarquait les bananes à partir de Kankan dans le bateau pour ici. Mais après le régime de Modibo Keïta, Moussa Traoré ne nous a pas causé assez de problèmes. C’est au moment où Alpha (Alpha Oumar Konaré, ndlr) est venu au pouvoir qu’on a commencé à avoir des problèmes. Et ATT aussi ne nous a pas causé assez de problèmes. C’est le temps d’IBK qui nous a fatigués beaucoup. Mais Dieu merci, pour le moment, on est là d’abord. On ne sait pas quand on va nous déguerpir d’ici. »

Concernant la maladie à coronavirus, le doyen a martelé ceci : « Depuis l’apparition de cette maladie, nos commerces sont complètement arrêtés et les gens ont perdu leurs fonds de commerce. Nous voulons vraiment que l’Etat guinéen nous aide. Nous participons au développement du pays, car nous cherchons de l’argent ici pour l’envoyer en Guinée. Donc, si aujourd’hui, la maladie affecte nos commerces, seul l’Etat peut nous aider. Dieu merci, nous avons un président exceptionnel, le président du siècle. Il ne sait pas que ses compatriotes souffrent. Sinon je connais le président, il a toujours le bon cœur. Qu’il nous aide car on n’a plus de fonds de commerce. » Reste à savoir si cet appel sera entendu. Attendons de voir. 

Moussa Oulen Traoré, correspondant à Bamako (Mali)

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.