Massacre du 28 septembre 2009: les révélations explosives de Toumba…

Le 28 septembre 2009, sous la transition CNDD, une manifestation des forces vives de la nation a été réprimée dans le sang dans le plus grand stade de Conakry. Le bilan dressé par l’ONU fait état de 156 morts et des dizaines de femmes violées. Inculpé dans cette affaire et détenu à la maison centrale de Coronthie depuis plus de cinq ans, Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba, ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara fait des révélations explosives sur des événements tragiques. Intégralité de la déposition de Toumba versée dans l’ordonnance de renvoi, lue le 28 septembre 2022 au tribunal criminel de Dixinn [délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry]👇👇

Dadis m’a dit : «Toumba, le pouvoir est dans la rue, ils vont le regretter, il faut les mater »

« C’est le 16 décembre 2016 que Aboubacar Diakité dit Toumba, aide de camp de Moussa Dadis Camara à l’époque des faits a été arrêté à Dakar en vertu d’un mandat d’arrêt international du 26 avril 2010.

Interrogé le même jour par la section de recherche de la Gendarmerie nationale du Sénégal, il est extradé vers la Guinée le 12 mars 2017.

Interrogé sur le fond, Aboubacar Diakité dit Toumba déclare avoir dissuadé Moussa Dadis Camara de se rendre au stade.

«Toumba, le pouvoir est dans la rue, ils vont le regretter, il faut les mater ». Il affirme que c’est son adjoint Marcel Guilavogui qui a pris la décision de s’y rendre, accompagné de certains agents de la garde présidentielle et d’un contingent de la NUMBA fourni par le commandant du camps Alpha Yaya Diallo, le colonel Sambarou Damankan.

Aboubacar Diakité dit Toumba  conteste avoir commandité cette intervention, il affirme n’avoir jamais reçu l’ordre de la part de Moussa Dadis Camara de se rendre au stade. Il explique avoir quitté le Camp Alpha Yaya Diallo pour partir à la recherche du président Dadis après avoir appris que celui-ci était sorti du camp. Il affirme avoir été accompagné que d’un seul homme, Foromo le féticheur de Dadis. C’est au niveau de l’Université Gamal Abdel Nasser (située non loin du stade du 28 septembre) que Marcel Guilavogui et ses hommes l’auraient rejoint puis auraient commencé à tirer sur les manifestants. 

Aboubacar Diakité affirme en outre avoir donné l’ordre de cesser immédiatement les tirs sans succès. Il déclare ensuite avoir regroupé puis embarqué les leaders de l’opposition dans son véhicule et les avoir conduits à la clinique Ambroise Paré où Marcel Guilavogui et ses hommes ont menacé de faire sauter la clinique. Il les a ensuite emmené à l’État Major de la Gendarmerie Nationale.

Sur les faits qui lui sont reprochés, Aboubacar Diakité ne reconnaît avoir commis ni meurtre, ni viol et n’avoir battu ou blessé aucun manifestant, il affirme ne rien savoir des portés disparus ou de la présence des fosses communes, ni avoir participé à une quelconque réunion avant ou après les événements au stade. 

Il soutient que ce sont les proches de Moussa Dadis Camara dont Marcel Guilavogui, Claude Pivi, Joseph Macambo, Georges Théodore Kourouma qui ont supervisé les événements du stade et qui assuraient le commandement de la garde présidentielle parallèle mise sur pied par le président Dadis. 

Il indique que des milliers des jeunes miliciens  entraînés par les instructeurs Israéliens sur financement du Beny Steinmetz, bénéficiaire d’un bloc 1 et 2 du Simandou, avaient été infiltrés au stade, pour réprimer des manifestants à l’aide des couteaux ou machettes. 

Il précisait en outre avoir rencontré Claude Pivi et plusieurs de ses hommes dans des camionnettes à la hauteur de la Bellevue ».

Transcription : Mamadou Yaya Barry

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