Matam/Carrière : le corps d’un inconnu remis aux riverains par les autorités

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Il s’agit d’un corps d’un homme d’une soixantaine d’années qui occupait une maison inhabitée depuis environ deux semaines, qui a rendu l’âme dans cette journée de lundi 11 juillet. Selon le témoignage d’une habitante du quartier Carrière, dans la commune de Matam, cet homme était très souffrant quand il s’est installé dans cette maison.

Alertées, les autorités sont restées indifférentes à la situation jusqu’à ce jour.

« Ce monsieur est venu  s’installer un soir devant chez nous. Dès qu’il a commencé à pleuvoir, les voisins ont demandé à ce qu’il quitte les lieux. Le lendemain matin, on a constaté qu’il était dans un hangar à côté de la maison. C’est ainsi qu’on a commencé à le questionner pour savoir d’où il vient et qu’est-ce qui ne va pas ? Il m’a répondu qu’il est malade, de lui donner à manger qu’il a faim », témoigne cette mère de famille.

Et Djamilatou Camara de poursuivre en ces termes : « après un long moment, voulant le raccompagner il m’a dit qu’il vient de Concasseur et j’ai demandé s’il peut partir seul, il a dit non, qu’il a mal, en plus qu’il ne veut pas rentrer en famille. C’est ainsi qu’il est resté tous ces jours, en lui donnant à manger jusqu’hier nuit quand ma fille a crié maman le vieux est tombé et j’ai vu qu’il faisait une crise. Je l’ai couvert et on est rentré se coucher, puisque les autorités étaient alertées. C’est ainsi qu’il a rendu l’âme aujourd’hui dans cette journée ».

Les riverains ont encore rallié l’Escadron Gendarmerie Mobile N°8 de Matam qui a décidé une fois de plus de leur laisser le corps.

« Ce monsieur est venu malade il y a environ deux semaines mais nous ne le connaissons pas. Dans ce hangar où vous l’avez trouvé, il s’est installé là-bas et nous avons contacté la gendarmerie pour qu’elle nous aide à son sujet. Ils sont venus, l’ont regardé et sont repartis. C’est ainsi qu’il est resté jusqu’à ce qu’il a rendu l’âme. Aujourd’hui aussi, la police scientifique nous a encore rendu le corps. Nous sommes donc obligés de faire ses derniers rituels sans même connaître ses parents ou savoir ce qu’il est, étant de l’autorité religieuse », s’indigne Adama Camara, le deuxième imam de la mosquée de proximité.

Mariame Mayi Cissé 

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