Me Paul Yomba : ‘’Toumba a été le premier à signaler la présence du Coronavirus à la Maison centrale’’

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Suite à la propagation de la maladie à Coronavirus à la maison centrale de Conakry, l’avocat du Commandant Aboubacar Sidiki Diakité “Toumba”, Me Paul Yomba Kourouma se dit inquiet du sort de son client détenu depuis quelques années maintenant.

Joint par mediaguinee ce jeudi 28 mai 2020, Me Paul Yomba Kourouma est d’abord revenu sur l’état d’esprit de son client : « Nous n’avons plus de ressources pour apaiser l’homme. Nous crayons que sa colère ne réagit que sur ceux qui l’entourent immédiatement. Parce qu’en ce jour il est furieux et même très furieux. Et le connaissant, on craint que d’autres payent à la place de ceux qui le détiennent »

S’agissant de la propagation du Covid-19 à la Sûreté, l’avocat de l’ex-aide de camp de Dadis Camara de confier : « (…) Toumba avait déjà signalé la présence de cette maladie au niveau de la maison centrale, bien avant. Parce que Toumba est un médecin, il avait vu déjà ces signes se développer sur les détenus. Il a mis au courant le régisseur de la maison centrale, la direction de l’administration pénitentiaire qui sont restés muets sur la question jusqu’à ce que cette maladie prenne de l’essor. Et aboutisse même à l’installation d’un centre de traitement de prise en charge au sein de la maison centrale. »

Toumba est gardé par des gens qui eux, sont en contact permanent et dans les cales avec les détenus, a-t-il indiqué : « Le frottement entre eux et Toumba est quasi-inévitable. N’eut été les précautions du médecin qui le prend en charge, Toumba risque d’attraper cette maladie. Et s’il est atteint, griffé à la première pathologie, nous risquons fort de perdre l’homme. »

Plus loin de rappeler que dès la propagation du Covid-19, il était question de désengorger la maison centrale : « Un décret était attendu mais en lieu et place, c’est l’installation d’un centre de traitement au sein de cette administration. Ce qui est même un risque déjà pour les autres détenus apparemment sains. Toumba s’en plaint sérieusement. »

Poursuivant : « Il était question que les enfants, les vieux, les femmes et les malades soient libérés. Cela n’a pas été fait. Toumba devrait vraiment se trouver dans cette gamme-là. Qu’est-ce que le refus de libérer les prisonniers est dû ? Au fait que Toumba en ferait partie ? Voici une question qui reste poser. Et si Toumba dans ce procès est supposé être l’élément central et cela d’ailleurs à tort. Pourquoi ne pas protéger sa vie, la sauvegarder pour qu’il puisse comparaitre sain et sauf devant les juges éventuellement chargés de le juger puisque les locaux qui doivent abriter ce procès sont en phase de chantier qui n’évoluent d’ailleurs pratiquement pas », a-t-il fait remarquer.

D’après l’avocat, Toumba connait une détention préventive prolongée et abusive. Parce que son mandat de dépôt n’a pas été renouvelé : « Tout ce qui de facto devrait lui permettre d’obtenir une mise en liberté définitive d’ailleurs en cause de la violation de la loi au regard des textes. Donc la situation de Toumba, nous ne savons plus à quoi nous en référer. Il nous faut maintenant les instances suprêmes internationales. Nous avons déjà complètement terminé avec la saisine de la Cour quand tombait cette maladie-là. Donc nous guettons d’un moment à l’autre les greffes de la juridiction de la Cour de justice de la CEDEAO avec qui nous sommes en contact pour le dépôt du recours en vue de sa libération », conclut-il.

Elisa Camara

+224 654 95 73 22

 

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