MGF en Guinée : le SGAR sollicite l’accompagnement de la ministre Hawa Béavogui

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Le Secrétariat Général des Affaires Religieuses (SGAR) a reçu ce Jeudi 11 Février 2021, dans ses locaux, la ministre des Droits et de l’Autonomisation des femmes, Mme Hawa Béavogui, pour lui présenter un rapport de plaidoirie pour la création d’une ligne budgétaire, qui permettra de lutter contre la pratique des Mutilations Génitales Féminines (MGF), les violences basées sur le genre en Guinée et le mariage précoce. C’est une initiative du Secrétariat général des Affaires religieuses avec un appui technique et financier de l’UNICEF.

Le Secrétaire Général aux Affaires religieuses, Aly Jamal Bangoura, a, pour sa part, souhaité la bienvenue à la ministre Hawa Béavogui et l’a remerciée pour ce qu’elle a fait et continue de faire dans le cadre de cette lutte. « C’est une opportunité pour le Secrétariat général des Affaires religieuses pour exprimer et réaffirmer à Mme la ministre la disponibilité totale des chefs religieux, musulmans et chrétiens dans la lutte contre les MGF. On a sollicité la participation effective et un partenariat général entre notre département et celui des Droits et de l’Autonomisation des femmes, parce que les chefs religieux sont incontournables dans la lutte contre les MGF. », a-t-il fait savoir.

Aboubacar Sidiki Nabé, qui est le Point Focal au niveau du Secrétariat général des Affaires religieuses, est revenu sur la nécessité de créer cette ligne budgétaire. « Comme vous le savez, les partenaires techniques et financiers accompagnent le gouvernement guinéen et aussi le Secrétariat général des Affaires religieuses. Il est important qu’il ait une ligne allouée et alimentée uniquement en faveur de la protection des filles et femmes de Guinée à travers des activités de sensibilisation, la formation, les prêches dans les mosquées et les églises. », a-t-il déclaré.

À en croire M. Nabé, la prise en compte de ces recommandations permettra entre autres : « de s’aligner sur les orientations du gouvernement en matière de protection des couches vulnérables, notamment les femmes et les enfants ; de rendre plus visible l’engagement du Secrétariat général des Affaires religieuses (SGAR) de mettre fin aux pratiques néfastes, à savoir les MGF et les mariages d’enfants ; et enfin d’encourager les partenaires à accorder plus de ressources au secrétariat général des Affaires religieuses pour accélérer l’abandon des MGF et d’autres pratiques néfastes à la santé et au bien-être des filles et des femmes. » 

La ministre des Droits et de l’Autonomisation des femmes, Hawa Béavogui, présente à cette rencontre, a tenu à rappeler que si aujourd’hui il y a une structure qui lutte contre ces phénomènes “néfastes” que sont les MGF, nous ne pouvons que les accompagner. « Nous avons suivi avec intérêt le plaidoyer du secrétariat général des Affaires religieuses, pour assurer l’inscription d’une ligne budgétaire dans le cadre des MGF en Guinée. Nous sommes déterminés à les accompagner dans la mesure où nous sommes des collaborateurs et aussi nous sommes des intervenants dans le cadre de la lutte contre les MGF(…) Cette lutte est un véritable goulot d’étranglement, qui requiert la participation de beaucoup de départements sectoriels, à savoir le Secrétariat général aux Affaires religieuses, le ministère de la Santé, de la Justice, de la Sécurité, pourquoi pas le Haut commandement de la Gendarmerie. », a fait savoir la ministre des Droits et l’Autonomisation des femmes.

Il faut retenir que le taux de prévalence des MGF en Guinée est parmi les plus élevés au monde, car les données récentes fournies par l’EDS en 2018 ont démontré que 94,5% des femmes âgées de 14 à 49 ans contre 96,9% en 2012 et 39% des filles de 0 à 14 ans contre 45,3% en 2012 sont excusées. Ce qui classe la Guinée 2ème en Afrique derrière la Somalie.

Mamadou Yaya Barry

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