Migration irrégulière : Aïssatou, une jeune Guinéenne, excelle dans la fabrique de produits à base de karité

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Naître, grandir et réussir dans son pays, cela est bien possible. Si pour certains Africains, la migration irrégulière est considérée comme un chemin rapide pour atteindre l’Eldorado, d’autres, comme Aissatou Diallo, considèrent que le meilleur moyen pour réussir se trouve en Afrique. Cette jeune Guinéenne, âgée de 28 ans, a lancé sa petite entreprise de fabrique de savon, de crème pour le corps et aussi pour les cheveux. Bien que “Kaarè” soit le nom qu’elle a choisi pour ses produits, Aissatou a nommé son entreprise ‘’Astoub’’. 

Ivoirienne de naissance mais Guinéenne d’origine, c’est toute jeune qu’Aissatou Diallo a rejoint la Guinée pour la première fois et de façon définitive. À l’époque, elle venait d’arrêter les études en classe de CM2. Coiffeuse à ses heures perdues, la jeune fille découvre que la plupart de ses amies sont confrontées à des problèmes de peau. C’est ainsi qu’elle se souvient de la recette que concoctait sa grand-mère à base de karité 

« Toute petite, en Côte d’Ivoire, ma grand-mère faisait des mélanges avec des huiles et des savons pour les voisins et pour la famille. Donc ici j’ai proposé ces huiles-là à mes sœurs et amies pour voir si ça pouvait résoudre leurs problèmes de peau. Et heureusement, ça a été le cas. C’est ainsi que je me suis lancée dedans », explique-t-elle. 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Aissatou dit avoir entamé son projet avec seulement trente mille francs guinéens (30.000GNF). À l’époque, elle était encore à Niagassola, dans la préfecture de Siguiri et se servait de boîtes recyclées pour vendre ses produits. Depuis 3 ans qu’elle s’est engagée dans cette voie et malgré les débuts difficiles, la jeune fille est aujourd’hui devenue génératrice d’emplois. « Aujourd’hui, je travaille avec des personnes. Surtout, quand il y a des commandes ou des expositions, je fais appel à des jeunes filles comme moi pour aider à la production et à l’emballage. Je travaille avec quatre filles et un garçon que je paie à 25.000gnf par jour, en prenant en charge leurs frais de transport et leur nourriture. Pour les débuts, ce n’était pas facile parce que je ne connaissais pas bien le milieu. Mais je me suis tout de même lancée parce que je me suis dit que c’est mon pays avant tout. Je suis Guinéenne, donc il faut apprendre, il faut s’habituer. Ce n’était pas facile mais même quand ce n’est pas facile, il faut toujours forcer la situation », estime-t-elle. 

Aujourd’hui, Aissatou Diallo parvient à vendre ses produits à l’international grâce à un site de vente en ligne qu’elle a créé. Même si tout ne lui sourit pas toujours, la jeune fille reste tout de même optimiste. 

« Jusqu’à présent, on a un problème de local. Mais il y a des personnes de bonne volonté qui m’ont prêté ce local, que je paie par mois à Matoto ici. Donc, je paie par mois. C’est là où je me suis installée depuis. Les produits sont vendus ici et à l’extérieur et ils sont aussi appréciés. Je préfère investir en Guinée, qui est un pays vierge et qui a besoin de bras valides. On a tout ici, on peut tout faire et on peut beaucoup faire. Si je dois voyager, ce sera juste pour aller exposer mes produits et revenir en Guinée car en Guinée on se sent plus à l’aise qu’à l’extérieur. Avec ce que je fais, je me prends en charge et je soutiens aussi mes parents », se réjouit-elle.

Pour endiguer le phénomène de migration irrégulière, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes et en collaboration avec ses partenaires dont l’OIM, INTEGRA et le PNUD, a mis en place plusieurs projets de rapprochement et d’insertion socio-économique et professionnelle des jeunes à travers tout le territoire national. « L’objectif est de lutter contre la migration irrégulière en donnant de l’emploi aux jeunes pour qu’ils restent en Guinée », précise Youssouf Saran Donzo, Directeur national adjoint de l’Emploi des jeunes.

Maciré Camara

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