Mines: les vérités crues du colonel Mamady Doumbouya aux patrons des sociétés minières

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Depuis le mardi 14 septembre dernier, le colonel Mamady Doumbouya et son équipe s’entretiennent avec les différentes composantes de la société guinéenne pour recueillir leurs idées afin de mener à la transition qui s’annonce dans le pays.

Ce jeudi 16 septembre, le nouvel homme fort de la Guinée a conféré avec les patrons des différentes sociétés minières implantées dans le pays. A l’issue des échanges, le patron des forces spéciales a réitéré son engagement à protéger et à sécuriser les investisseurs étrangers en Guinée. En retour, il a invité les patrons des sociétés minières au respect des obligations légales et contractuelles. Le président du CNRD a rappelé aux patrons miniers que la Guinée va accorder une attention particulière au contenu local.

Par ailleurs, le colonel Doumbouya a instruit aux patrons des sociétés minières de privilégier les entreprises locales et nationaux dans leurs activités.

« Aucune entreprise avec les intérêts étrangers ne pourrait être désignée pour faire la construction et la maintenance des routes non goudronnées et des bases vies sauf s’il y a un constat d’incapacité des entreprises locales. Cette mesure concerne aussi le transport de minerais notamment par voie terrestre et pour le transport des travailleurs », a décidé le colonel Mamady Doumbouya. :« Il convient aussi d’accorder la priorité aux nationaux dans tous concours de recrutement aux différents postes y compris les cadres des directions en particulier les ressources humaines, au développement communautaire, la communication et relations extérieures. En ce qui concerne les directeurs généraux, les sièges sociaux de leurs sociétés, ceux-ci doivent être basés en Guinée. Le respect scrupuleux des normes environnementales et sociales par les compagnies est impératif. Nous y veillerons particulièrement », ajoute-t-il.

Dans son allocution, le patron du groupement des forces spéciales a rappelé aux patrons miniers l’intérêt que le pays accorde au fonds de développement local (FODEL) en faveur des communautés impactées. Pour faire profiter de la Guinée et les guinéens de ses mines, il invite les sociétés minières à diversifier leurs activités et à celles qui évoluent dans l’extraction de la bauxite à la transformer sur place.

« Je voudrais rappeler l’importance du fonds du développement économique local FODEL et du fonds national du développement local FNDL en tant qu’outils de financement des communautés locales impactées par les activités minières. Des dispositions spécifiques seront prises pour l’utilisation efficiente et transparente en faveur des communautés locales. La Guinée a longuement souffert de malédiction des ressources. Le pays dispose d’un potentiel minier incontesté mais les populations demeurent dans une pauvreté visible. Nous devons travailler ensemble pour que cette malédiction se transforme en opportunité d’amélioration des conditions de vie des populations. Pour cela, la transformation des matières premières et la diversification des activités minières telles qu’envisagées dans la plupart de vos conventions deviennent impératives. Vos obligations dans ce cadre doivent être respectées sans délai », a souligné le président du CNRD. Et de poursuivre : « Si les investissements réalisés dans le secteur des mines ont été principalement dans la bauxite et l’or ces dernières années, nous devons mettre tout en œuvre pour favoriser la production d’autres minerais dont le fer. Si nous pouvons nous satisfaire de l’accroissement du volume de la production de bauxite, les retombées sur l’économie guinéenne ne sont pas encore pleinement satisfaisantes. Nous devons donc accélérer la deuxième phase de la chaîne de valeur c’est-à-dire la transformation de la bauxite en alumine ensuite en aluminium dans le pays ».

« Dans la logique des équilibres des droits et des devoirs de chacun et de tous, nous ne transiront pas sur certains points tels que l’existence de transparence dans les relations Etat et opérateurs, le respect des obligations contenues dans les conventions. La fiscalité, la redistribution des richesses à travers notamment les différents régimes de contribution, la préservation de l’environnement et la responsabilité vis-à-vis des générations futures. L’intensification de la recherche scientifique et de la protection géologique. Il est temps que le secteur minier joue son levier d’entraînement pour les autres secteurs de l’économie nationale à savoir : L’agriculture, l’élevage, la pêche, les industrie manufacturières, d’infrastructures… », a exigé le chef de la junte.

Finalement, le colonel Mamady Doumbouya a fait l’invite aux patrons des sociétés minières de renforcer le partenariat gagnant-gagnant pour que chacune des deux parties bénéficient des retombées de l’activité minière.

 Le président du CNRD a sollicité ses interlocuteurs à faire des propositions et des suggestions pour réussir la transition.

Sadjo Bah

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