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Tribune

Un mort de plus est un mort de trop! (Opinion)

Mes chers frères, il s’agit là de mon indignation, ma consternation et mon cri de coeur. Ah oui, trop c’est trop !

Je m’adresse aujourd’hui à tous les jeunes, peu importe d’où vous venez ou de quel bord politique vous êtes, le plus important pour moi est que nous soyons tous fils et filles de ce beau pays, la Guinée. Je m’adresse à vous avec un coeur triste et meurtri. Car un mort de plus, est un mort de trop. En effet, je voudrais d’abord m’incliner devant la mémoire de tous les jeunes arrachés à l’âge fleur de leur vie. Que Dieu leur pardonne et accepte leurs âmes dans son paradis. Amine ! Je suis de ceux qui pensent que l’histoire politique des jeunes de la la Guinée en général, et ceux de l’axe représente sans nul doute une page intarissable non seulement dans l’évolution socio-politique de notre pays, mais aussi son processus de démocratisation. Je me souviens bien aux soulèvements populaires de 2006,2007 et 2008 à travers lesquels ces jeunes ont joué un rôle incontournable. Ces soulèvements ont abouti à des grands changements auxquels nous assistons aujourd’hui. Mais très malheureusement, je constate que ce combat pour lequel nous avons consentis beaucoup de sacrifices est en voie d’être dénaturé par des politiciens qui veulent se servir de nous afin de détruire notre présent et notre avenir. Chers jeunes, la vie réserve pour nous pleins de surprises, sauvons notre vie pour le bonheur de nos familles.

Un mort de plus est un mort de trop. Aucune âme ne mérite une telle cruauté, une telle barbarie tout comme aucune âme ne constitue un sacrifice pour n’importe quel objectif. Jeunes de l’axe c’est un secret de polichinelle que nous soyons qualifiés de tous les noms d’oiseaux : pour les uns, c’est les jeunes de l’axe du mal, et pour les autres, c’est les jeunes de l’axe de la violence ; versus moi je préfère nous appeler les jeunes de l’axe de la démocratie et de la prospérité. Notre combat fut héroïque, nous avons payés le lourd prix. Beaucoup d’entre nous sont tombés sous les balles. Sachons qu’ils ne sont pas mort pour rien. Je prie pour le repos de leurs âmes. Ceux-ci sont mort pour la Guinée et non  pour une ethnie à plus forte raison pour un parti politique, quelqu’il soit.

Je déteste l’oppression et la violence, car une violence d’où elle vient, elle n’a que des conséquences très négatives. Mahatma Gandhi disait << La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est momentanée>>. Je m’insurge contre les décombres macabres des jeunes assassinés par balle, je regrette qu’on en arrive à 98 victimes sans que justice ne leur soit rendue. Je condamne avec la dernière énergie la bavure policière, un manifestant fusillé dans une manifestation me laisse à croire que l’État a failli à son devoir de protecteur. Je déplore fermement encore une fois des enquêtes ouvertes mais jamais de conclusion pour pointer du doigt  aux responsables de ces tueries lors des différentes manifestations, qu’ils soient parmi les forces de l’ordre ou des intrus parmi les manifestants. Sachons qu’un mort de jeune dans une manifestation est un recul de la démocratie dans notre pays. Je condamne le recours à la violence dans une manifestation, car elle dénature le sens de notre combat. Une manifestation civilisée est une avancée de la démocratie. Cependant les discours va-t-en-guerre ne nous mènent nulle part. Ils ont pour seul but de servir aux salles besognes des pyromanes. Ceux qui dans une large mesure utilisent cette formule de violence pour arriver à leur fin, répondront devant l’histoire de ce pays. Comme dit l’autre <<Dans la vie, il y’a des moments où c’est nous décrivons l’histoire, et il y’a d’autres c’est l’histoire qui nous décrit>>. Un peu plus loin s’il faut, ajoute-t-il choisir entre :<< avoir peur de Dieu et avoir peur de l’histoire, il faut avoir peur de l’histoire. Car l’histoire ne pardonne pas >>. Cela étant, il est important qu’à un moment donné que nous fassions une prise de conscience pour se demander sur la raison pour laquelle nous nous battons : Est-ce pour un homme ? Une communauté ? Ou pour une conviction légitime ? Je préfère la dernière.

Chers jeunes, refusons de croire que le bonheur viendra du ciel. Refusons de croire que si tu n’es pas avec moi tu es forcément contre moi. Refusons de croire que l’ennemi du peulh c’est le malinké, que l’ennemi du soussou c’est le forestier, et vice-versa. Refusons qu’on soit manipuler par des gens de mauvaise foi. Des gens qui ne se battent que pour leurs propres intérêts égoïstes ; des gens qui n’ont presque pas d’état d’âme, qui ont le cailloux à la place de leur coeur. Nous avons un patrimoine en commun, la Guinée.

Enfin, je suis convaincu que cette parole n’est pas celle d’un prophète ni d’un Messi. Cependant vous n’êtes pas obligés d’y croire. Mais, je suis celui qui est capable de dire les cinq vérités. Car tôt ou tard  celle-ci éclatera au grand jour, vous saurez qui vous a menti. Ce jour sera trop tard pour décider. Retenons ceci dit, que « la force et la violence peuvent quelque chose mais pas toujours tout ». Et que si  » nous ne nous aimons pas comme des frères, nous serions traités comme des idiots  ». Ensemble faisons une prise de conscience, la Guinée d’aujourd’hui et de demain nous appartient tous.

Aly Souleymane Camara

Analyste politique et professeur de philosophie

 

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