Musique et chants mandingues aux funérailles du “griot électrique” Mory Kanté (AFP)

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Des griots mandingues ont chanté les louanges de Mory Kanté au son de la kora et du balafon mardi aux funérailles de l’artiste quinéen qui aura popularisé leur musique et leurs instruments traditionnels à travers le monde en les adaptant aux sonorités de son époque.

“Un don de Dieu”, “un soldat et artiste multidimensionnel”: les poètes-musiciens-chroniqueurs dont Mory Kanté était lui-même le descendant et qui avaient joué avec lui autrefois, ont rivalisé de virtuosité et d’éloquence à la levée de corps de l’auteur du tube planétaire “Yéké Yéké” à l’hôpital sino-guinéen dans la capitale guinéenne, a constaté un correspondant de l’AFP.

Grande figure de la World Music, le “griot électrique” s’est éteint vendredi dans cet établissement à l’âge de 70 ans. Il souffrait de maladies chroniques et la pandémie de coronavirus l’avait empêché d’aller se faire soigner en France comme il l’avait fait à plusieurs reprises par le passé, selon un de ses fils.

Des femmes sont tombées à terre dans une grande effusion de pleurs quand le cercueil a été disposé sous la tente cérémonielle dans l’enceinte de l’hôpital. Environ 200 personnes, les proches, les amis et artistes, quelques officiels, ont assisté à la cérémonie à laquelle manquaient tous ceux, céléèbres ou anonymes, avec lesquels Mory Kanté avait joué et s’était lié mais qui n’ont pu faire le déplacement à cause du Covid-19.

Puis le cortège, suivi par des centaines de Guinéens qui attendaient devant l’hôpital, s’est ébranlé en direction du cimetière de Kipé, tout proche. Mory Kanté, enveloppé dans un linceul selon la tradition musulmane, devait reposer auprès de sa mère.

Mory Kanté a contribué à faire connaître la musique africaine et guinéenne à des audiences nouvelles à travers le monde en électrifiant la tradition à l’aide de synthétiseurs et de boîtes à rythmes, en la métissant de tonalités antillaises ou anglo-saxonnes, de funk et de techno, tout en préservant la sonorité des 21 cordes de la kora, son instrument.

“Yéké Yéké”, l’un des plus grands tubes de l’histoire de la musique africaine sorti en 1987, s’est vendu à des millions d’exemplaires. Pour la première fois, un artiste africain atteignait la première place du hit-parade pan-europeen établi par l’ hebdomadaire professionnel “Billboard”.

AFP

 

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