‘’Nabayagate’’: à quoi joue le Premier ministre Kassory?

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‘’Je suis accusé, traquez-les’’, semble être l’option prise par le gouvernement du Premier ministre Kassory Fofana pour faire passer l’éponge sur le « Nabayagate » -pour reprendre Guinee7- portant sur 200 milliards de francs guinéens (environ 20 millions d’euros), découvert après le tripotage du financement de l’AFD pour lutter contre la Covid-19. Alors que l’opinion –qui a encore en mémoire les 22 millions de dollars jamais élucidés sous Lansana Conté- s’attendait à plus d’explications sur cette affaire scabreuse révélée par Guineenews et Guinee7, le gouvernement, dans un communiqué signé du Premier ministre, sort la chicotte contre les médias qui ont osé fouiller dans le porte-monnaie -très spécial- de la ministre de l’Enseignement technique Djénab Dramé.

Le gouvernement, bien solidaire de Zénab Nabaya, menace de frapper ces médias qui ont montré le serpent dans le jardin. En invitant la HAC -dirigée par un professionnel- à réagir (?) et la justice à “identifier, à des fins de poursuites judiciaires, toutes les potentielles sources de désinformations”. Adieu donc l’ouverture d’une enquête sérieuse. Comme dit un proverbe africain, « on ne regarde pas dans la bouche du grilleur d’arachides ».

Kassory et tout son gouvernement préfèrent tenir Zenab par la main que de la livrer à la presse. Quitte à perdre la crédibilité de l’opinion et plomber l’opération ‘’fin de l’impunité en Guinée’’ qu’a lancée récemment le président Alpha Condé. Sous d’autres cieux, la dame et tout son cabinet doivent s’expliquer jusqu’au dernier centime. Mais, par solidarité gouvernementale -suivez notre regard-, on tente de noyer le poisson. Y arriveront-ils ?

En France, un ancien président de la République appelé Nicolas Sarkozy avec le diable au corps se débat actuellement seul dans l’affaire du financement libyen révélée par le très sérieux journal Mediapart. Là-bas, le gouvernement si fort n’a ni menacé ni condamné la presse avant procès. En Guinée, la tradition est de toujours tuer les scandales. Les gros d’ailleurs. Cette fois-ci, le morceau est trop gros pour passer si facilement. Alors, M. le Premier ministre, libérez Zenab Nabaya et Ismaël Dioubaté pour prouver leur innocence !

Noumouke S.

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