Nanfo défendable sur « Alalékabon » et indéfendable sur « Yèrèkolobaya » (Par Sidiki Camara)

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Monsieur Nanfo Ismaila Diaby dont la prière en langue maternelle et non en Arabe provoque de vive réaction dans le pays et en dehors,  était pourtant tout à fait défendable. Car son argumentation se résumait comme suivant,  je prie dans ma langue maternelle parce que c’est la seule langue que je comprends bien et prier dans cette langue me permet plus a mon Dieu. Il  soutenait qu’il n’existe aucun verset coranique ni Hadîth valide interdisant expressément la prière dans d’autres langues que l’arabe. Quand on lui reprochait  l’insuffisance de son  niveau pour mieux traduire le coran, il répondait qu’il n’a rien traduit, qu’il  lisait exclusivement le coran traduit par Solomana Kanté, l’inventeur de l’écriture Nko et auteur de 183 ouvrages encyclopédiques dont 38 livres de théologie musulmane, cette  traduction du coran fut  soumit à l’approbation des savants musulmans saoudiens sous l’initiative du Roi  Fahd qui l’ont validé et financer l’édiction de 50.000 en 1987 , ensuite 200.000 2007…  Donc il ne raconte pas n’importe quoi.

Cette argumentation était respectable, dans la mesure où effectivement il n’y a AUCUN VESET CORANIQUE, ni Hadith valide qui tranche explicitement cette question. Toute l’argumentation en faveurs de l’interdiction est fondée sur l’interprétation et  l’analogie suivante (combinant le Coran et Hadîth et Ijtihadn).

Dieu dit « Lisez ce qui est disponible dans le Coran [Al-Muzammil: 20] ». Alors  que ce que l’on appelle le Coran est  celui qui a été révélé en langue arabe, et non sa traduction ou interprétation.

le Hadîth « Il n’y a pas de prière pour celui qui ne récite pas L’Ouverture du Livre », Or aucune traduction ne peut être identique a l’original, il faut donc lire la FATIHAT en langue d’origine en occurrence l’arabe et par extension, toute la prière en arabe….

le prophète (psl) dit “Priez comme vous m’avez vu prier” et or le prophète n’a prier qu’en arabe (sa langue maternelle), donc il faut prier uniquement en arabe.

Un autre argument, tout le monde prie en arabe depuis toujours, donc continuions comme ça. Rien à dire sur ce point.

Il était donc difficile pour les musulmans de dire que monsieur Nanfo transgressait expressément le coran ou le Hadîth. 

 Plus importants, l’Etat n’avait  rien à dire dans ce débat interne sur l’interprétation du coran et Hadîth, il devrait juste observer la neutralité  Et la conformité à la constitution de la décision de l’autorité publique (secrétariat des affaires religieuses) était contestable en invoquant le principe de la laïcité.

Mais monsieur Nanfo devient indéfendable voir même ridicule en déclarant ce matin devant le tribunal de première instance de Kankan qu’il dispose de sa propre religion (« Yèrèkolobaya ») qui serait différente de l’Islam. Qu’ il soutient que cette « nouvelle religion » est aussi basée sur le saint Coran et Hadîth de prophète Mohamed (qu’il nomme approximativement Mamadi  ).

Si son objectif était d’échapper à l’autorité publique (secrétariat général des affaires religieuses) ça n’a aucun sens. Car cette autorité pourrait d’ailleurs utiliser cette déclaration contre lui, en estimant que ses activités constituent  une falsification voir une profanation des principes sacrés ou conventionnels d’une religion existante dont il n’est plus membre et que cela est susceptible de provoquer une colère légitime et générale des fidèles musulmans  et ainsi provoquer un trouble  à l’ordre public dont l’Etat a l’obligation de garantir .

Sidiki Camara

Doctorant en droit public

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