Nigeria: un entrepôt pour les victimes du Covid-19 pillé

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Les pillages se poursuivent au Nigeria où un entrepôt contenant de la nourriture destinée aux ménages pauvres affectés par la crise du coronavirus a été vidé lundi à Abuja, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des habitants de la capitale fédérale ont pillé un entrepôt de Cacovid, un fonds privé de lutte contre le Covid-19 qui finance une banque alimentaire. 

A pied ou à moto, des centaines d’habitants traversaient la ville chargés de cartons de nourriture.

Le Nigeria, première puissance économique du continent africain grâce à son pétrole, est aussi le pays au monde qui compte le plus grand nombre de personnes vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté.

“Nous avons faim, vous devez comprendre”, raconte à l’AFP un des pillards, d’une voix désespérée. “Il y a plein de nourriture dans ce pays, mais ses habitants souffrent. Le gouvernement se fout de nous en laissant ces vivres dans des entrepôts”.

Toute l’aide alimentaire n’a pas été distribuée car “nous avons choisi de garder des réserves stratégiques en prévision d’une deuxième vague de coronavirus”, ont justifié plusieurs gouverneurs nigérians dans un communiqué, face aux accusations de détournements qui se multiplient. 

Contactés par l’AFP, les responsables de Cacovid n’ont pas souhaité réagir.

La crise du coronavirus est davantage une crise économique que sanitaire au Nigeria, explique Anietie Ewang, de l’ONG Human Rights Watch. 

“Avant même les pillages des entrepôts, le manque de transparence des autorités chargées des fonds pour répondre à la crise suscitait déjà des inquiétudes”, explique-t-elle.

Des habitants de plusieurs villes du pays ont envahi et pillé ces derniers jours des hangars à Lagos, la capitale économique, à Jos (Centre), Port Harcourt (Sud-ouest) ou à Abuja.

Ces pillages font suite à plusieurs semaines de violences au Nigeria, où des manifestations de jeunes contre les violences policières et le pouvoir central ont dégénéré et ont été réprimées dans le sang.

Au moins 56 personnes sont décédées depuis mi-octobre dans ces manifestations, selon l’ONG Amnesty International.

AFP

 

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