Non au bipartisme ou au tripartite insinué par le président du CNT à Kindia (Souleymane Doumbouya)

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🔴Par Souleymane Doumbouya] LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, POUR DIRE NON AU BIPARTISME OU AU TRIPARTISME INSUNIÉ PAR LE PRESIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE LA TRANSITION (CNT) À KINDIA !

Dans une démocratie en construction, il n’y a que la volonté souveraine et l’aspiration profonde du peuple dont la trajectoire compte et qui est au-dessus de tout. De cette logique, il est triste de constater qu’en Guinée, le vote reste éminemment ethnique et communautariste !
Ainsi Monsieur le Président, en prologue, je m’empresse d’avouer ma totale adhésion au slogan devenu historique de :  » La Guinée au-dessus de tout », prôné par l’ex PM Kabinet Komara. Et, lui de reconnaître entre autre et quant à la fameuse communauté internationale (toujours indicible pour beaucoup), citation : « … D’ailleurs, retenons que la Communauté internationale a eu à connaître tellement de désarroi de la Guinée, qu’elle en est arrivée à se désespérer de notre pays malgré ses immenses ressources naturelles, humaines, morales et culturelles. » (SIC)…
Pour ce faire, attention à une sortie probable de piste par le CNT, parce qu’il nous a été donné de constater par voie de presse, l’intention de son Président Docteur Dansa KOUROUMA, de vouloir imposer le bipartisme ou le tripartisme. Des propos tenus par lui devant certaines populations du « Kanya » c’est à dire de Kindia (ville des agrumes ) font étant de cette velléité. N’est-ce pas une vérité de lapalissade que de reconnaître ou admettre que cette question préjudicielle de besoin de recomposition du paysage politique et de la nature du régime politique à retenir dans la future loi fondamentale, reste l’un des plus grands enjeux et challenges à relever pour gagner le pari sur l’avenir ?
En effet, de mon point de vue, cette option d’instauration du bipartisme ou tripartisme, n’est nullement des prérogatives dévolues encore moins, du ressort de la compétence matérielle ou des missions du CNT. Le peuple doit rester le référentiel absolu ! Et, seul lui son choix compte, surtout ne le balisons pas.
Aussi, à titre de rappel, si la France autrefois majoritairement divisée entre Libéraux (La Droite Républicaine) et les sociaux-démocrates ( Gauche socialiste) tirant origine de l’historique Révolution Française de1789 (clivage traditionnel entre Conservateurs et Réformateur à l’Assemblée Constituante) et qui n’a pas pu imposer le bipartisme, ce n’est pas chez nous où l’enracinement démocratique se heurte à d’énormes difficultés !
Par ailleurs, l’actualité chez nos voisins du Mali, votre ‘’frère siamois politique’’, m’amène à vous exhorter avec le CNRD à vous référer aux bonnes pratiques. Le Mali, dis-je, par son Président de la Transition et de la République, votre homologue, le Colonel Assimy Goita, vient de nommer des techniciens du Droit et de Sciences Politiques, rompus aux mécanismes constitutionnels comme membre de la Commission de rédaction de l’avant-projet de la nouvelle constitution de la République du Mali pour adoption par référendum après quitus du CNT.
Chez nous, les membres du CNT et ceux du gouvernement dans pareil schéma, restent Politiques et non techniques et cela, de quelques origines qu’ils proviennent ou même, lié à leur statut ex ante. Si cette volonté que je considère de velléité se matérialisait, nul doute que ce serait un cuisant échec ou fiasco de la présente Transition que nous nous refuserons de croire.
En effet, je rappelle ici, haut et fort que le DROIT n’est pas de la poésie où on peut monter dans les arbres pour chanter l’amour et la beauté de la nature ou contempler les choses en confiant ses perceptions philosophiques fortement dépendantes de croyances ou intuitions personnelles (Aspects ontologique et agnostique). S’il (le DROIT) reste à la portée de tout le monde, les règles et disciplines qui le gouvernent sont très spécifiques et doivent demeurer internationalement admises ainsi que les pratiques qui l’accompagnent. Bref! C’est une affaire d’abord de spécialistes pointus aux références établies de façon incontestable, avant d’être la « chose de tout le monde », car in fine, relevant du bon sens (RAISON ou la chose la mieux partagée).
De toute évidence, épistémologiquement parlant, plusieurs des disciplines qui le constituent par essence ont depuis belle lurette, réaffirmer de manière irréfutable, leurs caractères scientifiques par l’appréciation des règles et approches méthodologiques, une ou des définitions reconnues et des lois qui leur sont propres. C’est un sentier interdit à un profane, surtout s’entêter à s’y aventurer sans le moindre prérequis , relèverait d’une banale expérimentation hasardeuse aux conséquences incalculables et fâcheuses au détriment de l’intérêt supérieur du peuple qui est la finalité. Faisons bien les choses car pour cause de débats constitutionnels, nous trainons un lourd passif fait dans le sang et les larmes de nos concitoyens dont beaucoup martyrisés (en majorité des marmots) !
Les enjeux et défis du présent CNT, résident prioritairement sur le plan politique :
 En la démonopolisation de l’accès aux plus hautes charges ou fonctions étatiques (élection Présidentielle et celles législatives) à tous les citoyens remplissant les conditions physiques, morales et mentales requises qui reste encore exclusivement réservées aux partis politiques. Il faut lever ou bannir ces veules restrictions pour permettre au citoyen tout court, de se mettre en valeur en sollicitant les suffrages de ses pairs par la soumission de sa candidature aux élections [ locales, législatives, sénatoriales (en cas de bicaméralisme) et présidentielle].
 En outre à cela, envisager ou prévoir des dispositions relatives à la faculté reconnue aux citoyens d’avoir une initiative en matière de révision ou modification constitutionnelle ;
 Veiller à expurger de la constitution tout ce qui incite aux reflexes et instincts grégaires, ceci, en vue de consolider davantage le tissu social, l’unité nationale et le vivre-ensemble fortement éprouvés. À juste raison, il nous faudra supprimer le scrutin uninominal aux législatives qui annihile l’esprit de la forme unitaire de notre État et qui ne traduit en rien, une quelconque notion de représentativité en termes d’adhésion populaire nationale ;
 Pour la consolidation de notre tissu social, il n’y a que le laxisme et l’impunité qui encouragent ces dérives qui menacent sans cesse la paix et la quiétude sociale. Renforcer les textes législatifs y afférents, ceci, pour permettre à nos « parquetiers » ou Procureurs, assez de marge de manœuvre dans la surveillance accrue vis-à-vis des menaces qui planent sans cesse à l’ordre public.
Enfin, le bipartisme (plus perçu en termes de courants politiques) des USA qui fait tant d’émules, si cela peut nous tenter, n’est rien d’autre que la résultante d’une longue pratique constitutionnelle et ceci, sur plusieurs générations. Il (bipartisme) tient son fondement sur la division sociale du travail (mercantiles et fermiers agropastoraux) entre anciens colons immigrés d’origine européenne pour l’essentiel et des liens plus ou moins étroits avec la métropole de la couronne britannique. À cet effet, il sied de rappeler que le Président Georges Washington ( Militaire et seul Président unanimement désigné sans appartenance politique) a été un des véritables gardiens de l’unité nationale de son pays. Il doit son deuxième (2ème) et dernier mandat au soucis constant de maintenir l’unité de la nouvelle fédération encore très fragile à bien d’égards. Les antagonismes exacerbés entre : Fédéralistes et Républicains – démocrates ont conduit les Pères Fondateurs de la nation américaine à reconduire le militaire Georges Washington.
En somme, à l’instar des pères fondateurs de cette démocratie américaine longtemps bicentenaire et qui résiste assez bien au temps, il est un impératif majeur pour nous, de rechercher des subtilités pour amoindrir ou atténuer les effets pervers de certains facteurs regrettables comme le vote ethnique qui mécaniquement, favorise les deux (02) communautés les plus nombreuses Peulh et Malinké (toutes les ethnies étant grandes). Pensez au bipartisme, c’est entériner cette triste réalité sans la vouloir. Par contre, une recherche accrue de solutions palliatives à cet épineux problème, s’imposer à nous et doit rester constamment à l’esprit des membres du CNT et de son Président. Pour y parvenir, les nobles contributions de notre communauté scientifique et élite seront les bienvenues pour parfaire notre système démocratique en construction. À titre d’exemple, des pays comme le Rwanda semblerait avoir trouvé des formules assez intelligentes pour contourner le vote mécanique ethnique (de la majorité écrasante de quatre-vingt pourcents (80%) des HUTUS contre moins de dix pourcents (10%) des TUTSI (ethnie du Président Paul Kagamé). Aux USA, le suffrage universel indirect par le biais de grands électeurs, permet de garder la suprématie du vote national sur le vote populaire [assuré dans les grands pôles de Croissance Economique des grandes villes des cotes ( plus peuplées) au détriment de celles moins peuplées de l’arrière-pays)].
Monsieur le Président, à nous de trouver les meilleurs antidotes pour construire durablement une Guinée Rassemblée et Unifiée sous votre haute clairvoyance et leadership.
Puisse Dieu guider et éclairer nos pas ! Amen !
Fait à Conakry, le 02 juillet, 2022
Souleymane DOUMBOUYA
Analyste Politique, Consultant
Socioéconomique

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