N’zérékoré : ‘’je ne savais pas qu’elle était nue’’, dit l’enseignant qui a écarté en public les jambes de sa femme

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C’est une histoire horrible qui défraie la chronique et provoque une avalanche d’indignations chez les citoyens notamment les défenseurs des droits de l’homme.

À cause de la jalousie, un enseignant du district de Konipara, dans la sous-préfecture de Kobéla, préfecture de N’zérékoré, au sud du pays, a exposé les parties intimes de sa femme à l’aide d’une torche devant une foule.

En effet, Monsieur Kolié professeur de biologie et de l’éducation morale qui soupçonnait sa femme d’avoir commis de l’adultère a écarté les jambes de celle-là publiquement pour, dit-il, montrer les spermes à la foule.

Une situation qui n’a pas laissé indifférentes les autorités locales. 

Arrêté ce vendredi puis auditionné par la gendarmerie départementale, le nommé Etienne Kolié, relate sa version des faits.

” Au moment elle avait voulu prendre la fuite, je lui avais dit : allons, tu vas me montrer là où tu étais parce qu’elle avait la robe comme ça (en bas), qui descend jusqu’au genou.  J’ai pris la robe, elle a forcé, la robe est montée, les jeunes qui étaient à côté ont vu. Arrivés à la maison, je lui ai dit de m’excuser, moi je ne savais pas que tu étais nue”, a indiqué le présumé auteur de violence contre sa femme.

Une version rejetée par la victime qui insiste qu’il a lui a tout enlevé.

“Il m’a enlevé tout, il a pris mon pied maintenant en haut. Il criait venez voir, elle était avec son copain. Je lui ai dit que mon enfant tête d’abord pourquoi tu me fais ça ? Il m’a mise la torche, les populations et les garçons qui étaient arrêtés là-bas me regardaient.

Les gens me touchaient et d’autres me filmaient”, raconte la femme sous un ton pathétique.

Les faits ont été reconnus par son mari lors de son audition, selon l’adjudant-chef chef Zoupé, responsable du point focal des droits des femmes à la départementale.

Les activistes des défenses des droits des femmes dont Madame Hélène Zogblemou, présidente de l’ONG humanitaire pour la protection de la femme et de l’enfance exigent que la lumière soit faite dans ce dossier.

“Je demande à la gendarmerie et à la justice  de sanctionner le coupable,” souhaite l’activiste.

Pour la direction régionale de l’action sociale qui a conduit le dossier de concert avec les ONGs de défense des droits des de femmes, toute la lumière sera faite et le présumé coupable répondra de ses actes.

Dans la ville, les commentaires vont bon train sur cette attitude d’un enseignant qui donne des cours d’éducation physique et morale.

Il faut par ailleurs noter que 37 cas de viols sont enregistrés au niveau de la direction régionale de l’action sociale de N’zérékoré depuis le mois de janvier 2020. Des statiques qui laissent à réfléchir sur les violences faites aux femmes dans la région.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’zérékoré

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