N’Zérékoré/Paiement intégral des frais de scolarité : les parents d’élèves dénoncent la cupidité des fondateurs d’écoles privées

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Le paiement intégral des frais de scolarité fait réagir plusieurs parents d’élèves dans la commune urbaine de N’Zérékoré. Pour rappel, les cours ont été interrompus au mois de mars dernier pour cause de Covid 19 durant 3 mois. Avec la reprise, pour ces parents d’élèves, ces trois mois ne doivent être payés. Selon eux, ces cours n’ont pas été dispensés même si le temps d’études a été prolongé.

« Depuis la reprise des cours, chaque jour mon enfant vient me dire que leur fondateur exige qu’il paye les 3 mois que sinon qu’il va le mettre dehors. Et j’ai du mal à comprendre cette décision puisque les cours n’ont pas été dispensés et en plus les enseignants n’ont pas été payés par les fondateurs. Eux-mêmes, ils ont dit aux enseignants qu’ils ne pouvaient pas les payer sous prétexte que ces derniers n’ont pas travaillé.

Et plus loin, ils ont tous soutenus que c’est la prestation qui est payée. Comment alors ils peuvent nous obliger à payer nous, à notre tour », s’interroge Moussa Camara.

Même réaction chez Antoine Lamah qui qualifie le comportement des fondateurs d’inadmissible envers les parents d’élèves.

« Je suis vraiment touché par le comportement de ces gens-là. On n’a rien en ce moment à cause de cette maladie. Moi par exemple, j’ai 3 enfants qui étudient dans les privées. S’il faut payer alors de l’argent pour une raison que nous ignorons, je pense que c’est compliqué. Depuis cette reprise, ils ne font que faire sortir nos enfants des classes et pourtant on avait payé en avance. Ils n’ont pas bénéficié de ces cours, il faut continuer à payer de la sorte ? Il faut que l’État s’implique vraiment », dira ce père de famille.

Quant aux fondateurs d’écoles privées, comme le Groupe scolaire Ramatoulaye Kéita, cette réalité s’explique par plusieurs raisons. Et selon lui, c’est logique que toute l’année soit payée.

« Lors de la reprise, les enseignants ont dit qu’ils ne vont pas rallier le chemin de l’école, s’ils ne sont pas payés. Donc les fondateurs se sont battus, d’autres se sont endettés pour les payer.

Au jour d’aujourd’hui, au lieu de 4 classes, on se retrouve à 12 classes pour le respect des mesures barrières. S’il faut 36 heures dans une salle de classe par semaine qui est la charge normale, mais actuellement nous payons plus de 4 de çà par semaine. Donc voilà aujourd’hui, les difficultés que nous rencontrons », a argumenté le responsable chargé de l’information de l’association des fondateurs des écoles privées.

Par ailleurs, le fondateur de cet établissement a déploré le fait que plusieurs élèves soient déjà partis en vacances sans attendre les évaluations finales.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’Zérékoré

 

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