Opérations de déguerpissement à Conakry : ”vous préparez les gens à être des bandits dans la vie” (Saïkou Yaya, UFR)

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L’Union des Forces Républicaine (UFR) a tenu son assemblée générale ce samedi 13 février 2021, au siège national du parti à Matam dans la commune du même nom. Une AG présidée par le secrétaire exécutif dudit parti, Saïkou Yaya Barry, Secrétaire Exécutif.

Cette rencontre a été mise à profit par le parti dirigé par Sidya Touré, pour dénoncer les opérations de déguerpissement des emprises des routes dans toutes les communes de Conakry. A l’UFR, on estime en effet que normalement, avant de faire déguerpir les gens, l’État devrait dire à la population, voilà ce que nous voulons faire ici.

« Nous avons dit la dernière fois, gouverner c’est prévoir, gouverner c’est se soucier de la vie de ses citoyens, de leur santé, de leur éducation. C’est ça gouverner. D’ailleurs, c’est le fondamental même de gouverner (…) Personne n’est contre qu’on démolisse les emprises des routes, parce que ça donne de l’air, ça crée un environnement sain. Mais, parce qu’il y a des années, les gens pratiquent cela. Il y a eu impunité. Les cadres de l’Habitait, des communes, de la Ville ont laissé faire. L’impunité a prospéré dans notre pays. Les citoyens, quand il n’y a pas de loi, vous avez toujours à faire ce qui vous semble bon…Dans ces emprises-là, vous avez des gens qui ont des ateliers de menuiserie, de soudure, des petits restaurants, où ils emploient entre 5 à 10 personnes, qui y gagnent leur vie. Si vous démolissez ça, vous augmentez le taux de pauvreté. Et en augmentant le taux de pauvreté, vous préparez les gens à être des bandits dans la vie. », martèle-t-il.

Saïkou Yaya Baldé croit savoir qu’il faut toujours minimiser la frustration. « La cupidité a gangrené l’État. Ils ont besoin d’argent pour investir ailleurs, mais pas en Guinée. Regardez notre littoral, tout est vendu par les hauts cadres de l’État, aux Chinois, aux Indiens. Nous Guinéens, nous continuons à applaudir (…) Il veut finir avec les Guinéens. Quand ils ont commencé à cesser là-bas (Koporo-Rails, Kipé 2 et Dimez, ndlr), les gens ne se sont pas intéressés. Aujourd’hui, ils sont dans Kenendé et consorts. Mais aujourd’hui, c’est les emprises. Ce qu’il casse là, il vend à des étrangers. Ils sont devenus des vendeurs de terre. Un gouvernement qui vend des terres pour s’enrichir, mais pas pour servir la population. Si au moins ce qui est vendu, la population savait combien lui revient en termes d’investissements, on pouvait croire mais ça n’existe pas. », a-t-il regretté. 

Mamadou Yaya Barry

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