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Tribune

Opinion// Panique chez un imposteur

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Au moment où  les négociations entre le gouvernement et la Bande de Soumah reprennent, il est important de faire face à une question qui revient de façon récurrente dans tous les débats relatifs à la crise de leadership au sein du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée). Qui est  le vrai  secrétaire général du SLECG ?

Si un certain  Aboubacar  Soumah, au moyen de violences,  de manipulations syndicales et de promesses mirobolantes,  profitant d’une certaine frilosité qui s’était emparée du gouvernement, a pu  s’autoproclamer Secrétaire Général de ce syndicat, est- on en droit pour autant de le considérer comme tel ? Nous disons simplement non ! Si en matière de droit, la forme commande le fonds, en démocratie on ne saurait privilégier la légalité sur la légitimité ou inversement, sans tomber dans ce qu’on pourrait appeler la «  démocrature », une forme abâtardie  de la démocratie. Un grand spécialiste du droit disait que,  pour juger de la justesse et de la justice d’un acte ou d’une décision, qu’il convient de distinguer sa légalité de sa légitimité ; selon lui, citation « est légal ce qui est autorisé par le droit positif, ce qui est conforme aux textes de lois existants ; est légitime ce qui est et doit être reconnu comme juste par tous dans une  formation sociopolitique  déterminée ». Adhérant totalement à cette affirmation, nous citerons également  Pierre Calame qui, dans son livre « Démocratie en Miettes », ED CHARLES LEOPOLD MAYER , va plus loin  en affirmant que la gouvernance  pour être légitime doit réunir cinq qualités :

-répondre à un besoin ressenti par la communauté

-reposer sur des valeurs et principes  communs reconnus

-être équitable

-être exercée efficacement par des  gouvernants responsables et dignes de confiance

-appliquer  le principe de la moindre  contrainte

En dépit du tintamarre médiatique  qui a toujours accompagné les agissements de Soumah et compagnie, dans l’unique but de les présenter comme une nouvelle race de syndicalistes  courageux, intransigeants, intègres et tenaces, l’observateur averti et impartial relèvera  que leurs démarches sont en contradiction avec les principes ci-dessus énumérés ,  et s’inscrivent  donc en dehors de toute légalité, tout en souffrant  d’un manque de légitimité

Indiscutable.

En raison de ces  manquements graves (manque de légalité et de légitimité), nous  pensons que le meneur de la  grève  sauvage et désastreuse de  fin  2017- début 2018, dans le secteur de l’éducation, mériterait bien l’appellation de Soumah l’imposteur.

Défaut de légalité

Exclu par le bureau exécutif légal du SLECG, et par l’USTG, centrale de sa fédération professionnelle, conformément à leur règlement intérieur, M.  Soumah n’était ni qualifié, ni compétent pour déclencher, avec son club de copains et de coquins, une quelconque grève.  Dans tout autre pays de la sous région Ouest africaine, le chouchou de certaines radios privées, meneur d’une grève aux conséquences tragiques et calamiteuses, aurait terminé ses fanfaronnades devant la justice qui l’aurait, sans difficulté,  gratifié d’un ticket de séjour dans une maison d’arrêt. Le Congrès  dont il semble tirer sa légitimité s’étant tenu dans un lieu secret et ayant convoqué  les membres statutaires, seulement  24 heures au lieu de 2 mois comme le stipule l’article 24  du règlement intérieur du SLECG, est nul et de nul effet. Une nullité qui déteint  ainsi  sur le bureau qui en a résulté.

Une légitimité douteuse

Le suivi du mot d’ordre de  grève par la majorité des enseignants aura-t-elle  conféré une certaine légitimité à ce mouvement quasi insurrectionnel ? Pour nous qui nous intéressons à la manière dont le résultat aura été obtenu qu’au résultat lui-même, l’absence des enseignants et des élèves dans les salles de classe a eu pour cause principale  la campagne de  terreur instaurée pour intimider les non grévistes. Un tel résultat, obtenu dans un climat de violences et d’intolérances, ne saurait bénéficier d’une quelconque légitimité. Ne devrait-on pas alors considérer les négociations ouvertes par le gouvernement avec les syndicalistes rebelles comme une reconnaissance de leur légitimité ? Point du tout. Tout gouvernement responsable aurait procédé  de la sorte pour arracher son peuple des griffes des manipulateurs au service de forces obscures.

Pourrait -on  qualifier de légitime une structure qui, par des revendications corporatistes excessives aura fait perdre au pays plus de 60 millions de dollars us, et  provoqué une perturbation budgétaire qui aura  obligé  le gouvernement à décaler ou supprimer certains investissements essentiels ? Pourrait-on parler de légitimité  pour un mouvement qui, pour arriver à ses fins, aura violé le principe  de moindre contrainte ? L’agenda caché qui consistait à renverser  le Gouvernement  sous le couvert de revendications syndicales fait-il partie des valeurs et principes communs reconnus par l’ensemble des enseignants grévistes ? Tous les  spécialistes en droit s’accordent pour dire que la légitimité  est le caractère de ce qui est juste et moral. Mais qu’y a-t-il de juste  et moral dans l’attitude de responsables syndicaux qui, pour des raisons  non avouables, auront traitreusement poignardé dans le dos leurs collègues, en piétinant  avec mépris un accord arraché de haute lutte au gouvernement et cela, dans l’intérêt exclusif des travailleurs ? Pourrait-on qualifier  ces dirigeants syndicaux de responsables et de dignes de confiance dans un tel cas de figure ? Etait-il juste d’entrainer les enseignants dans des revendications excessives sans leur expliquer clairement les conséquences néfastes qu’elles induiraient pour le pays ? En fin, quelle parcelle de légitimité  pourrait–on accorder  à des syndicalistes qui se sont  laissés  manipuler par une certaine  société civile qui cache mal son désir compulsif  de pouvoir ?

Revenu sur terre après ses éphémères heures de gloire, à l’occasion des actuelles  négociations  avec le gouvernement et pour les actions futures qu’il compte mener, l’enfant terrible du SLECG devra faire face à une réalité nouvelle caractérisée par un certain nombre d’éléments qui pourraient constituer autant  de cailloux dans ses chaussures. Citons, entre autres :

-le transfert du dossier au tribunal du travail pour mettre  fin à la bataille de légitimité entre les deux branches du SLECG.

-l’approche des examens de fin d’année  qui rendra  inaudible  tout appel à la grève, aussi bien du côté des enseignants et élèves, que de celui des parents, par crainte d’une année blanche, après une si difficile année scolaire.

-des interlocuteurs gouvernementaux désormais plus aguerris, parce qu’ayant beaucoup appris des erreurs et  atermoiements du passé.

-un  SLECG originel  plus combatif après son sixième congrès qui a insufflé   du sang nouveau à l’institution, en élisant à sa tête une femme accompagnée d’une équipe plus jeune et apparemment plus déterminée.

-la naissance à Mamou d’un syndicat pour les enseignants du supérieur

-une situation financière tendue qui laisse peu d’espoir pour l’obtention d’un salaire minimum  de 8 millions FG par enseignant, ce qui signifie, pratiquement, l’écroulement des châteaux de sable construits pour les enseignants par Soumah  le rêveur.

Confronté à une si dure et incontournable réalité,  comment pourrait-on ne pas comprendre la panique qui s’est emparée du chef autoproclamé du SLECG qui, pour donner l’impression de tenir encore le gouvernail, met  à prix la tête de  Albert Damantang Camara, appelle à une grève générale  aussitôt annulée, entrevoyant très certainement son  échec, puis finit par projeter une autre,  à compter du 26 mai 2018 . Cette nouvelle date vient encore d’être reportée jusqu’à la prochaine ouverture des classes. Est-ce à cause du peu d’affluence, lisez manque d’enthousiasme, des enseignants à l’assemblée générale initiée par l’aile fractionnaire du SLECG ? Les jours à venir nous le diront. En attendant, ce dénouement heureux vient répondre à une question qui taraudait l’esprit de nombreux guinéens : face à l’histoire,  les enseignants de Guinée étaient-ils prêts à assumer la lourde responsabilité d’avoir abandonné leurs élèves, si proches du but, abandon synonyme d’année blanche, après tant  d’abnégation et de dur labeur pour eux tous, pour courir derrière des chimères miroitées par un marchand d’illusions ?Les échos qui nous sont parvenus après l’assemblée générale de Donka indiquent clairement que la sagesse et le patriotisme de la majorité des participants auront triomphé du jusqu’au boutisme aventureux d’un quarteron de responsables syndicaux aveuglés par leur égo surdimensionné.

En attendant de savoir ce que sera  l’arrêt  du tribunal du travail, il  est du devoir du  Gouvernement de la République de prendre les dispositions nécessaires pour contrer les velléités déstabilisatrices d’un agitateur politique emmitouflé dans un manteau de syndicaliste. Quant aux enseignants, l’heure est venue de ne pas continuer à se laisser  tromper par les revendications corporatistes délirantes d’un homme qui, ignorant tout du fonctionnement d’un Etat, croit que ses obligations  se limitent uniquement au paiement de salaires. Ne déclarait-il pas tout récemment à la presse que les recettes du port autonome de Conakry, de l’aéroport, du secteur minier et quoi d’autres encore, pouvaient permettre de payer à chaque guinéen un salaire mensuel de 15 millions FG ! Il est donc de la plus haute importance que face à un tel homme, le Gouvernement prenne ses responsabilités, et toutes ses responsabilités ; aux enseignants de comprendre  que les revendications excessives tuent le travail, et sans travail, pas de travailleurs.

Dr Sidiki Cissé de Fria

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