Ousmane Gaoual Diallo, député de l’UFDG: “notre préférence allait à Hillary Clinton pour le passé qu’on connaît, pour les inquiétudes que posent les déclarations du président élu”

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Hier mardi, c’était jour d’élection aux États-Unis d’Amérique. Donald Trump a été élu président à la surprise générale. L’élection du 45ème président suscite beaucoup d’inquiétudes et des interrogations à cause de la campagne qu’il a menée.

A Conakry, la déception est grande pour la majeure partie des citoyens qui voyaient Hillary Clinton gagner haut la main ce scrutin.  Mediaguinee a, au lendemain de ces élections, recueilli la réaction de l’honorable Ousmane Gaoual Diallo de l’UFDG…

“Je pense qu’il y a plusieurs leçons à tirer. D’abord, cela montre que dans une démocratie, la décision appartient au peuple. Cela n’est pas l’apanage des sondeurs. Ce n’est pas l’opinion extérieure qui fait l’élection, c’est ceux de l’intérieur et c’est leur décision qui est importante. C’est aussi une fête de la démocratie parce qu’après tout, c’est l’avenir du peuple américain qui est en jeu. Les Américains ont choisi cette voie, même si notre préférence allait à Hillary Clinton pour le passé qu’on connaît, pour les inquiétudes que posent les déclarations du président élu. Maintenant, comme on dit, attendons de voir ce que ça va donner. Il ne faut pas désespérer parce qu’en Amérique, les institutions sont fortes et le président n’est pas libre de faire ce qu’il veut. Il faut compter sur un parti républicain soucieux de recentrer le discours par rapport à des comportements qui ne sont pas acceptables pour l’avenir même de la démocratie en Amérique.
Donald Trump devra composer avec un parti républicain divisé plus que jamais, une société américaine inquiète et divisée aussi. Il faut donc réconcilier à l’intérieur de sa famille politique mais aussi réconcilier l’Amérique. Et puis mettre en application des politiques qui tiennent en compte la dimension internationale de l’Amérique dans les actions publiques internationales.
L’Afrique ne devrait pas souffrir de cela parce que peu importent les couleurs politiques des locataires de la Maison blanche, la politique africaine est restée la même, c’est une continuité. C’était un peu l’école, l’éducation, c’etait la lutte contre le terrorisme sous Bush, l’amélioration de l’accès à l’électricité sous Obama et puis on va voir quelles inflexions cela va prendre avec l’arrivée de D. Trump. Mais en dehors de cela, nous célébrons la démocratie tout simplement.
Trump a réussi à capter l’électorat américain par des discours simples et puis les gens ont écouté ça par rapport à des discours très sophistiqués, très réfléchis, très professionnels. Le populisme gagne aussi. C’est comme ça qu’Hitler est arrivé au pouvoir par une élection en 1939 je crois. Donc on sait que le populisme a l’avantage de capter l’attention rapidement même si l’efficacité reste à prouver pour l’avenir.
Pour l’instant, c’est l’inquiétude qui demeure, qui domine parce que les gens ont été très inquiets sur les déclarations très va-t-en-guerre contre le monde musulman, contre les immigrés hispaniques, la remise en cause des traités internationaux, la volonté de faire de l’Amérique une forteresse. Donc cela inquiète mais attendons de voir ce que ça va être dans la réalité pour le peuple américain et pour les populations du monde.
Bref, dans une démocratie, rien n’est joué à l’avance. Les sondages, tout le monde peut se tromper et c’est tant mieux”.
En attendant l’investiture du nouveau président américain en janvier prochain, le monde va se remettre peu à peu du ”coup” qui lui a été assené par cette victoire surprenante de Donald Trump.

Propos recueillis par Sadjo Bah

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