Ousmane Gaoual : « la seule chose qu’on n’a pas faite, c’est de prendre un fouet et aller derrière les gens pour aller au dialogue »

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Le Ministre Porte-parole du Gouvernement de la transition en Guinée, par ailleurs Ministre de l’Urbanisme de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, était ce vendredi 6 mai 2022, face aux journalistes de  Fim Fm dans l’émission “Mirador”. Durant plus d’une heure le porte-parole du gouvernement Mohamed Beavogui est revenu entre autres sur les motifs qui ont fait que jusqu’à présent certains acteurs politiques et de la société civile guinéenne hésiteraient à venir autour de la table pour discuter avec les nouvelles autorités pour une issue pouvant mener à un retour à l’ordre constitutionnel. 
À en croire Ousmane Gaoual Diallo, le Gouvernement auquel il appartient et dont il porte la voix est en train de tout mettre en œuvre pour amener les acteurs autour d’une même table « Nous leur écrivons et on leur parle  quasi quotidiennement. Il n’y a pas une semaine que le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation n’échange pas avec l’ANAD, le FNDC… Cela veut dire que le contact est maintenu. Même si on n’est pas en phase totalement pour ce qui est de l’expression publique, l’échange est là quotidiennement, ce n’est pas comme le RPG au pouvoir où le pont était rompu », a-t-il précisé.
Poursuivant, il dira ceci: « On est ouvert au dialogue mais le cadre dialogue pose problème pour certains. Le CNRD a envie de discuter avec tous les acteurs, mais il y a des acteurs qui veulent une discussion exclusive entre eux et le CNRD. Le CNRD n’est pas compétiteur pour les élections à venir, nous sommes arbitre. Et quand on est arbitre on rassemble tout le monde, on n’exclut pas. Mais si vous voulez que ça soit seulement exclusif entre vous et le CNRD, il y  un problème ».
Plus loin, Ousmane Gaoual Diallo a insisté en disant que le dialogue est difficile en Guinée et que cette réalité n’est pas liée uniquement au CNRD et que  ce n’est pas lié aux acteurs politiques… «Notre société n’est pas une société de façon générale où le dialogue est la culture, c’est ça le problème. Elle est faite aussi de méfiance parce qu’il y a eu tellement de déception dans les accords, dans les dialogues précédemment, dans latitude de l’État vis-à-vis de ses politiques, vis-à-vis de sa société  civile, vis-à-vis de sa société de façon générale que la confiance est difficile à établir, tout est fait de méfiance, tout est fait de défiance. Il faut absolument ramener la confiance, et c’est difficile…À chaque fois que vous posez un acte, on dit non, non on préfère aller sur les écueils mineurs que sur l’essentiel qui peut rassembler. Elle n’est pas que entre entre acteurs politiques et gouvernement, à l’extérieur même des acteurs politiques, elle existe, à l’extérieur de la société civile, elle existe. Donc la question de dialogue est un problème de notre société, nous devons faire l’effort d’aller pérenniser quelque chose, trouver un cadre où nous pouvons nous retrouver pour discuter. Aujourd’hui, la seule chose qu’on n’a pas faite, c’est de prendre un fouet et aller derrière les gens pour aller au dialogue », a-t-il conclu. 
Mamadou Yaya Barry

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